ROCK

Prince enfin disponible

Après sa prestation mémorable au palais des Sports d'Anvers, le 18 octobre dernier, The rainbow children, qui était jusqu'à présent uniquement disponible sur le site Internet de Prince, est enfin commercialisé. Il s'agit du dernier enregistrement studio du kid de Minneapolis sur lequel il flirte avec un jazz/funk souvent festif, parfois trop intello mais toujours d'une qualité exemplaire. Les fans de Zappa et de Weather Report vont adorer. Ceux de Purple rain un peu moins. L. L.

Prince, The rainbow children (Bang!).

Pearl Jam à maturité

Riot act est le septième album de la formation de Seattle et sans doute ce qu'elle a réussi de mieux depuis Ten en 91 et le somptueux Vitalogy. On y retrouve un groupe en pleine maturité, sûr de lui et n'ayant plus rien à prouver. Les crises (le succès, la remise en question, les combats beaux mais vains contre Ticketmaster) sont derrière Eddie Vedder et ses potes qui peuvent enfin se concentrer sur ce qu'ils font de mieux: la musique. Riot act est un disque truffé de guitares et orphelin de tout tube au sens radiophonique du terme. Moins énervé que dans le passé, Eddie Vedder chante des textes très sombres qui évoquent la mort (notamment celles de ses fans lors du festival de Roskilde), la rupture mais aussi l'espoir. Musicalement, le groupe atteint des sommets comme sur ce magnifique Save you élevé par une ligne de basse imparable. Alors qu'une nouvelle génération vend des albums par millions en copiant le Pearl Jam de l'époque grunge (Creed, Nickelaback), la formation de Seattle montre qu'elle a définitivement changé de registre et qu'elle suit désormais une voie tracée par Neil Young ou Springsteen. Un joyau. L. L.

Pearl Jam, Riot act (Sony).

Beth Gibbons en solo

La chanteuse de Portishead s'aventure en solo avec la complicité de Rustin Man (alias Paul Webb), l'ancien bassiste de Talk Talk. Les ambiances sont mélancoliques. La voix de Beth est capable de prouesses émotives rarement atteintes (cf. le fabuleux Show). Les compositions sont éclairées par une guitare acoustique, une contrebasse, quelques notes de piano ou des pincements de cordes. Enfin, les rythmes ne s'emballent jamais. On saluera la volonté de Beth de vouloir s'écarter (définitivement?) des chemins explorés jadis par Portishead mais on lui conseillera aussi d'écouter de temps à autre des albums un peu plus joyeux que sa collection de disques où doivent figurer sur le haut de la pile Billie Holyday, Joni Mitchell et les chanteurs country/blues des années soixante qu'elle semble particulièrement affectionner. Out of season est un bel album mais pas le genre de celui qu'on passe pour se mettre de bonne humeur le matin. Plutôt celui qui berce les longues soirées d'hiver devant le feu de bois. L. L.

Beth Gibbons, Out of Season (Universal).


Hendrix au festival de Wight

Avec ses performances à Woodstock et au Filmore de San Francisco, le concert de Jimi Hendrix à l'île de Wight fait partie de la légende du rock and roll. Le 3 août 1970, devant quelque 600.000 spectateurs, Hendrix, épaulé par son nouveau bassiste Billy Cox et son fidèle batteur Mitch Mitchell, se produit en tête d'affiche du festival à 3 heures du mat'. Cela faisait trois ans qu'il n'avait plus joué en Grande-Bretagne. Outre ses grands classiques (Red house, Voodoo child, Purple haze, Hey Joe, Foxey Lady), Hendrix ajoute à son répertoire une version de God save the queen et de Sgt. Pepper's lonely hearts club band. Ce concert mémorable est réédité avec tout le soin nécessaire (son remastérisé, livret explicatif, photos....) en double CD. Indispensable. L. L.

Jimi Hendrix, Live at the isle of Wight (Universal).

Queen, version symphonique

Dirigé par Tolga Kashif, le Royal Philharmonic Orchestra exécute une symphonie en six mouvements inspirés de l'oeuvre de Queen. Sur le papier, ça sent le soufre et la muzak de supermarché, mais le résultat est tout autre. Primo, il montre que Queen, malgré tout ce que pensent ses détracteurs, a composé des oeuvres originales et complexes. Secundo, ce projet a le mérite de ne pas mélanger les genres. Le groupe (enfin, du moins les trois survivants) ne joue pas avec l'orchestre philharmonique comme l'ont essayé dans le passé des groupes comme Deep Purple, Portishead ou Metallica avec plus ou moins de réussite. Non, ici, il s'agit bien de musique classique interprétée par des musiciens classiques. Bohemian rapsody, We are the champions, The show must go on figurent parmi les morceaux le plus souvent cités dans cette symphonie. L. L.

The Queen symphony par le Royal Philharmonic Orchestra (Emi).

HIP-HOP

La B.O. de 8 mile

Le premier film, largement autobiographique, d'Eminem est actuellement numéro un du box-office américain. En attendant sa sortie en Belgique en janvier, les fans pourront patienter avec ce soundtrack dans lequel on retrouve quatre morceaux d'Eminem, un de son projet D 12 ainsi que des compositions signées Jay-Z, Macy Gray, Nas ou Gangstarr. L. L.

Eminem, 8 mile (Universal).


Le Black album d'Akhenaton

Issus des mêmes sessions d'enregistrement que l'album Sol invictus, ce Black album du leader d'Iam est à nouveau une réussite musicale et lyrique qui le place loin en tête de la production rap hexagonale. L. L.

Akhenaton, Akhenaton (Virgin).

© La Dernière Heure 2002