Ghost est un groupe atypique. La qualité de ses compositions a évolué au fil des cinq albums du groupe. Et c’est pour célébrer la sortie d’Impera (Virgin) que le groupe s’est arrêté à Forest National pour y honorer une date de sa tournée. Uncle Acid&The Deadbeats a eu la lourde tâche d’assurer la première partie mais le doom des Britanniques n’a guère fait mouche eu égard à une qualité sonore assez médiocre. Etait-ce la conséquence d’une limitation administrée aux invités ou bien la conséquence d’une mauvaise balance ?

Ghost a rapidement répondu à ses interrogations. Les productions alambiquées des Scandinaves n’auront jamais trouvé le véritable écho que de telles compositions aussi bien léchées méritaient. Tout a commencé dans l’indifférence générale lorsque les compositions classiques “Klara Stjärnor” de Jan Johansson et, surtout, les chants grégoriens de “Misere mei”, “Deus” d’Allegri ont commencé à virevoolter dans une salle de Forest toujours éclairée et bien remplie puisque les organisateurs ont été contraints d’ouvrir une partie du deuxième étage pour accueillir le public dans la salle à la configuration plus minimaliste…

Les lumiéres se sont éteintes sur les notes d’Imperium dans une hystérie générale. La scène masquée par un grand drap a laissé apparaître l’ombre des guitaristes avant de tomber sur les riffs de “Kaisarion”, extrait du dernier album de Ghost. Si Imperia a été majoritairement représenté durant le set des Suédois, Prequelle a aussi pu bénéficier d’un régime de faveur avec pas moins de 5 titres dont l’excellent “Rats” interprété dans un délire collectif.

Le public n’a pas tenu rigueur des conditions sonores pour acclamer les Scandinaves masqués. Les six musiciens ont porté leurs casques et costumes directement inspirés des troupes Death Trooper de Star Wars d’un bout à l’autre des 105 minutes du concert. Seul Tobias Forge, le leader et chanteur maquillé tel le Joker de Batman, a laissé apparaître les traits de son visage. Le frontman a d’ailleurs déployé ses ailes de chauve-souris sur “Cirice”, titre incontournable du répertoire de Ghost. Le show a bien été soutenu par un jeu de lumières efficace qui a mis en lumière chacun des musiciens quand ceux-ci se sont mis en évidence sur les devants de la scène. Seuls les deux claviéristes et les choristes sont restés dans l’ombre à l’arrière.

Toute la lumière s’est orientée sur Tobias Forge quand il est apparu sur scène en Papa Emeritus IV pour interpréter “Call Me Little Sunshine”. Le chanteur a changé plusieurs fois de costumes sur une scnène décorée des vitraux de cathédrale représentés en toile de fond.

La suite du concert a consacré les plus anciennes compositions du groupe (“Ritual”, “Faith”, “Miasma”,…) avant de se clôturer sur la reprise de Metallica “Enter Sandman” et les incontournables “Dance Macabre” et “Square Hammer” en guise de rappel.

La veille, sur les planches parisiennes, Ghost a annoncé sa présence au Hellfest. Les Suédois n’ont rien annoncé de tel à Bruxelles où on aurait pu penser qu’une troisième apparition au Graspop aurait permis au groupe de se montrer sous de meilleurs décibels. Partie remise ?

Setlist:

1. Klara Stjärnor (Jan Johansson)

2. Miserere mei, Deus (Gregorio Allegri)

3. Imperium

4. Kaisarion

5. Rats

6. From the Pinnacle to the Pit

7. Mary on a Cross

8. Devil Church

9. Cirice

10. Hunter's Moon

11. Faith

12. Spillways

13. Ritual

14. Call Me Little Sunshine

15. Helvetesfönster

16. Year Zero

17. He is

18. Miasma

19. Mummy Dust

20. Kiss the Go-Goat

Rappels:

21. Enter Sandman (Metallica cover)

22. Dance Macabre

23. Square Hammer