Céline Dion, The Weeknd, Hans Zimmer, etc. : s’ils ne sont pas annulés, la plupart des concerts des stars mondiales sont déjà reportés à… l’automne 2022 en Belgique. "Déjà, la vaccination et le rythme de vaccination sont dramatiques pour nous, constate Coralie Berael, la directrice du Sportpaleis Group (dont Forest National). Dès le départ, on savait que cela nous remettrait sur les rails." Avant que la porte-parole du fonds solidaire LIVE 2020 n’ajoute ceci. "Aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’égalité d’une approche en Europe concernant les mesures sanitaires, ce sera catastrophique. Car on dépend vraiment des tournées internationales. Lesquelles font souvent 200 dates et circulent partout en Europe."

Les Français d’abord

"Les premiers artistes internationaux seront peut-être les Français, estime la patronne du Sportpaleis. Comme on gère nos pays un peu de la même façon, il sera possible, pour des raisons professionnelles, de les faire venir 48 heures sans quarantaine. On arrivera à s’adapter mais c’est impossible pour les Anglo-Saxons. À Forest National, on dépend de 50 % des Anglais et Américains. Et là, on n’est pas près de les revoir." En effet, si l’Angleterre a annoncé un retour à la normale dès le 21 juin, ses artistes ne peuvent pas venir jouer car "la Belgique est compliquée". "On va se retrouver dans une position où nous allons devoir annuler et payer des indemnités aux artistes. On veut donc éviter ça, vu qu’on est déjà à sec."

Bouchons à la reprise

"Quand on va pouvoir redémarrer, il va y avoir un autre vrai problème qui fait peur au secteur, nous glisse Christophe D’Aronco (Odlive Productions), promoteur des spectacles d’artistes internationaux comme Calogero, Michel Sardou, Yannick Noah ou Florence Foresti. Un embouteillage qui peut durer 2 ans au minimum, surtout si on n’ouvre pas les jauges à 80 % (le minimum pour être rentable)." En effet, tous les spectacles de 2020 ayant été reportés à 2021 et sachant que la saison 2021 était déjà en place, il n'y aura pas beaucoup de places possibles pour de nouveaux projets avant quasiment… 2023. "Le Cirque royal, par exemple, n’a déjà plus de disponibilités avant l’automne 2022 et on va avoir 25 spectacles par soir à Bruxelles !" Certains spectateurs possèdent déjà des tickets d’artistes différents pour le même soir. "Notre plus gros challenge sera d’assurer les shows alors qu’il n’y a déjà plus de main-d’œuvre, conclut Christophe D’Aronco. La crise a engendré la fuite des professionnels du métier."