Déjà 600.000 exemplaires vendus de Hey oh pour le duo nantais qui tente de garder les pieds bien sur terre

BRUXELLES Eux-mêmes n'en reviennent toujours pas et, comme les Blacks américains, remercient le bon Dieu de leur avoir permis de réussir là où d'autres avaient jusqu'alors échoué! Avec Hey oh, Tizy Bone et Silky Shai du groupe Tragédie squattent depuis plusieurs semaines la première place des tops français et belges, «ce qu'aucun artiste r'n'b français n'avait fait avant nous, pas même Matt Houston». «Plus mortel encore», Hey oh fait mieux que La Bamba de la Starac 3. En termes de vente, le single s'est déjà écoulé à 600.000 exemplaires. Un raz de marée incontrôlable!

«A vrai dire, on ne s'en rend pas beaucoup compte du fait qu'on soit numéro 1 vu qu'on bosse tellement», lâche Tizy Bone, 23 ans, le plus prolixe des deux, look hip-hop en avant-plan. Plus discret, Silky Shai (shy, le timide), 21 ans, a plus d'un air de ressemblance avec le chanteur américain Ginuwine, son idole. «La chose dont on est le plus fier, en fait, c'est de se dire que le r'n'b/hip-hop est numéro1. Finalement, ce succès, on ne le prend pas que pour nous, on le prend pour le mouvement. Les Matt Houston, Poetic Lover, Vibe, Sweetness, Willy Denzey ont jeté les bases, mais il aura fallu quelque part attendre Tragédie pour obtenir une reconnaissance. On n'entre en concurrence avec aucun autre groupe r'n'b. D'ailleurs, on a le projet de réunir tous ces artistes et de faire une sorte de We are the world à la française.»

Les premiers pas dans la musique, avant de signer chez Warner... Peu de moyens mais une belle étoile... «On s'est rencontrés dans un bus en 1998, raconte Tizy. Il chantait du Boyz II Men, j'ai chanté avec lui, accord des voix, on reste amis. Nous sommes auteurs-compositeurs-interprètes mais, au départ, on n'avait rien, pas un PC! On faisait nos démos sur minidisque avec notre bouche. Pour ce qui est d' Hey oh, ça avait été enregistré comme un délire. On avait dealé ça à des producteurs de soirée à Nantes, DJ Dem's et DB Boo. Ils l'ont fait tourner au cours de leurs soirées. Ça a fait un buzz terrible! C'est ensuite arrivé aux oreilles de Paris et on est venu nous chercher! En deux semaines, le contrat était signé et le morceau est sorti!»

Les deux souhaitent aujourd'hui durer dans le temps, ne plus être un phénomène passager. «Cette reconnaissance, on la désirait depuis longtemps. Maintenant, on cravache pour que ça ne s'arrête plus.»

Tragédie, Tragédie (Warner).

© La Dernière Heure 2003