À seulement 20 ans, Loïc Nottet, le dernier vainqueur de Danse avec les Stars dénote une fois de plus avec son single Millions Eyes.

"J’essaye d’être le plus professionnel possible malgré mes 20 ans, confie le sympathique Loïc Nottet. Car, en général, quand on a 20 ans, les gens se disent : ‘Il est jeune, ce n’est pas grave !’ Je n’ai pas envie qu’on pense ça de moi. Ce qui m’arrive n’est pas venu trop vite, tout est une question d’avoir le bon entourage."

Et de ce côté-là (Loïc a le même manager que Stromae), tout est réglé comme du papier à musique. Celui qui ne se sent pas encore prêt à devenir coach à The Voice, ni à embrasser une carrière au cinéma mais bien à venir danser sur son nouveau single dans Danse avec les stars, est toutefois conscient d’avoir pris des risques à participer à l’Eurovision ("une bonne expérience à prendre jeune") mais surtout et justement à DALS. "Avec le recul, c’était un pari risqué, admet le Courcellois. Car je n’étais pas connu. J’avais très peur d’arriver là alors qu’on ne me connaissait pas du tout. Les danseurs étaient plus connus que les participants. Je ne suis pas une star mais on m’a tendu une perche. J’aurais été bien con de ne pas la prendre !"

Justement, que voulez-vous exprimer par votre danse ?

"Je veux qu’elle soit comprise comme une délivrance. J’aimerais que tout mon projet soit vu comme une tolérance à la différence. Je ne veux plus que les gens soient gênés d’être différents car c’est justement ce qui nous rend uniques. Rentrer dans un moule, faire comme tout le monde, ce n’est pas intéressant…

D’où le fait de vous être éclipsé tout un temps ?

"Je pars du principe que si je n’ai rien à dire, je ne dis rien. Ça m’énerve les artistes qui se montrent dans l’actualité pour dire des conneries et cela, uniquement dans le but de simplement montrer qu’ils existent toujours. Mon métier est d’essayer de faire de la musique du mieux que je peux et de ne pas être représentant de vidéos gag. Se foutre à poil et faire des photos pour faire le buzz, ce n’est pas intéressant. Je préfère donc m’éclipser quand je n’ai rien à dire. Puis, j’ai trop peur de saouler les gens."

Cela ressemble un peu à la méthode Stromae, non ?

"Exact. Mais je me retrouve dans sa personnalité. On est un peu les mêmes de ce côté-là. D’ailleurs, avant, je regardais ses interviews. Je mettais pause après la question du journaliste, je répondais, et quand je remettais play, je remarquais qu’on répondait quasiment la même chose. Comme moi, je pense que c’est quelqu’un de très dur envers lui-même et sur ce qu’il fait."

Vous avez pourtant composé votre nouveau single, Millions Eyes , en 10 minutes…

"Oui, c’était en pleine nuit, ça a été très vite. Mais j’ai une façon très bizarre de composer. J’entends des voix dans ma tête, c’est comme si quelqu’un me parlait à l’oreille. Après, j’essaye de recréer ce que j’entends avec ma voix et je le fais en yaourt. Puis j’enregistre et cette fois-ci, tout est venu d’un coup. Je devais être très triste ce jour-là (sourires) !"

Depuis l’Eurovision, on vous sent une ambition de carrière internationale, vrai ou faux ?

"Ce serait hypocrite de dire non. C’est même mon rêve. Après, je suis quelqu’un qui reste les pieds sur terre, je préfère me dire : ‘ Essaye d’avoir ce que tu peux avoir maintenant avant de voir trop loi n’. Sinon ça me gâche l’instant présent."

Moquée jeune, votre voix fluette est finalement devenue votre force. Serait-ce une revanche sur la vie ?

"C’est exactement ça. C’est une fierté dans un sens. Même si elle reste parfois handicapante. On a souvent l’impression, par exemple, que c’est ma mère qui répond car j’ai apparemment la même voix qu’elle au téléphone. Ce qui démasculise un peu, t’en prends un petit coup ! Mais, finalement, je suis fier d’avoir cette voix, d’atteindre des notes que certaines personnes ne peuvent pas. Même si je ne l’ai pas toujours assumée de la sorte, aujourd’hui, j’en suis content."


"Je ne suis pas une star"

"Je ne me considère pas connu, insiste Loïc Nottet. J’estime que je ne suis pas Rihanna ni Adèle. Pour moi, je ne suis pas connu, je suis toujours resté le petit Carolo." Et pour cause, Millions Eyes (déjà plus d’1 million de vues) évoque non pas la célébrité fulgurante qu’il vient d’acquérir mais plutôt les regards qu’il a dû subir plus jeune."Dans la cour de récré, les moqueries des gens, parce que je faisais de la danse, m’ont fait du mal. Je préférais danser que de jouer au foot avec les autres garçons et ma voix fluette n’a rien arrangé."

Une époque marquante pour celui qui se met véritablement à nu dans ce clip inspiré de Sia ou The Weeknd ("Brel ou Piaff sont des artistes que je respecte mais qui ne m’inspirent pas"). "Ce n’était pas facile car je me souviens que quand je jouais au foot, mes camarades de classe se moquaient de moi dans les vestiaires. Mais ce fut encore plus dur pour mon père car je sais que ses amis le charriaient à la buvette. On se dit qu’on est différent et du coup, on a l’impression que les gens ne sont pas fiers de nous…"

Sa différence ? "Je préférais faire de la danse à la Michael Jackson qu’à la Cristiano Ronaldo. Même si j’ai l’impression que les mentalités vont mieux aujourd’hui, ça s’ouvre plus. La preuve avec Danse avec les stars , des hommes aussi dansent." Et c’est la musique qui lui permet donc de s’épanouir. "Je peux faire de l’acting, de la danse et de la scénographie. C’est le métier parfait !"

Si Loïc Nottet reste très discret sur son album prévu pour le printemps 2017, il en dévoile toutefois un (petit) coin du voile. "Il ne faut pas s’attendre à des ballades commeMillions Eyes car les autres morceaux seront plus pêchus, explique celui qui a produit six titres avec le Bruxellois Alex Germys ( auteur du hit Sweet Afterglow). J’aime les refrains qui explosent, la rythmique, il y aura d’ailleurs un côté rock. Des featurings surprises sont prévues, même si je n’ai pas encore trouvé le grain de voix qui me touchait suffisamment."