Less is More est le premier album de Lost Frequencies. Il sort vendredi et c’est une machine à tubes.

À même pas 23 ans, Félix De Laet, alias Lost Frequencies, est une star mondiale. Le DJ et producteur bruxellois fait danser la planète entière, de l’Australie à la Suède en passant par les États-Unis. Malgré les centaines de millions de vues sur YouTube, c’est un jeune homme tout excité que nous avons rencontré mardi matin alors qu’il découvrait son premier album fraîchement pressé.

Est-ce que vous réalisez ce qui vous arrive ?

"Au début, je ne comprenais pas bien ce qui se passait, je ne me rendais pas compte du succès que j’avais. Je pensais que Are You With Me et Reality , c’étaient deux coups de chance. Mais les succès de Beautiful Life et maintenant de What Is Love , me permettent de comprendre ce qui m’arrive."

On vous a vu sur les plus grandes scènes du monde : Werchter, Tomorrowland, Coachella aux États-Unis, Lolapalooza à Berlin et Ibiza. Qu’est-ce que ça fait ?

"C’est très impressionnant de voir tous ces gens qui connaissent ma musique. J’adore aller au Mexique. J’y suis une superstar. On m’attend à la sortie de l’hôtel pour des autographes, des photos, etc. C’est bizarre d’être si loin de chez moi et d’y être beaucoup plus connu qu’en Belgique. Je me souviens de la première fois où j’ai joué à Ibiza, en première partie de Dimitri Vegas&Like Mike. J’étais très stressé parce que je pensais à tous ces gens qui sont à Ibiza depuis 20 ans et qui connaissent tout de la musique dance. Je pensais que j’allais passer pour un loser avec mes 20 ans et parce que je connaissais à peine les classiques de la house music. Mais ça s’est très bien passé. Les gens sont juste là pour passer un bon moment. C’est ça la Ibiza vibe ."

Less is More ne sonne pas comme un album de musique électronique habituel. Il y a des mélodies, des refrains, de vrais instruments. C’est un album de chansons ?

"J’ai commencé par la musique électronique et j’aime toujours ça. Mais j’ai aussi beaucoup apprécié travailler avec des chanteurs et faire des chansons plus pop. Ma base de fans étant composée de gens très jeunes et d’autres plus âgés, je ne voulais pas faire un album pour les boîtes de nuit qu’ils n’auraient pas compris. J’ai donc fait une musique accessible, qui convient à tous les âges. À la fois dansante et relaxante, qui peut s’écouter n’importe où et n’importe quand. Mais je travaille aussi sur une version Deluxe de l’album où chaque titre sera remixé en version club, plus instrumental et électronique. Une version plus orientée festivals et boîtes de nuit."

Vous créez vos morceaux au piano. Pourra-t-on un jour vous entendre jouer du Lost Frequencies seul au piano ?

"Je compose facilement des mélodies au piano mais je n’arrive pas forcément à bien les jouer. Je ne suis pas le meilleur pianiste qui soit. Mon petit frère, par contre, les joue bien mieux que moi et il les connaît presque toutes par cœur. Il arrive même à jouer au piano celles qui ont des parties de guitare. Du coup, je me demande si je ne vais pas lui demander de m’accompagner ! (Rires) "


Lost Frequencies retourne sur les bancs de l’école

Ce n’est pas parce qu’on a 200 millions de vues sur YouTube qu’on doit avoir la grosse tête. "Je n’ai pas changé mon style de vie", raconte Félix De Laet. "La seule différence, c’est qu’aujourd’hui je peux aller plus souvent au restaurant, précise-t-il. Mais je ne vais pas aller en boîte faire péter le champagne".

À propos des boîtes de nuit, il ajoute, détail amusant, qu’il n’en était pas un grand fan avant de connaître le succès. "J’étais complètement perdu dans cet univers. Je me sentais opprimé". Mais sa perception a changé depuis qu’il est amené à les fréquenter régulièrement parce qu’il sait désormais tout ce qui se passe en coulisses." Aujourd’hui, je me sens comme chez moi en boîte. Relax."

Preuve que le succès ne lui est pas monté au nez, Lost Frequencies va retourner sur les bancs de l’école. "Je viens de m’inscrire à la haute école pour apprendre le mixage et le mastering", confie-t-il. "Pour le moment, je fais toutes mes mélodies, mes arrangements et la production de mes titres, mais ce sont d’autres personnes qui font le mixage et le mastering. Or, j’aimerais aussi faire ça moi-même pour tout comprendre. J’ai beaucoup appris sur Internet mais je veux être sûr à 100 % de ce dont je parle. Les cours commencent la semaine prochaine, tous les mardis et les jeudis. Ce qui est amusant, c’est que le prof de mastering, c’est celui qui s’est occupé de mon album ! Je vais être dans sa classe et il m’a déjà dit qu’il va prendre  Are You With Me  comme exemple pendant le cours parce que c’est une chanson qui n’est pas masterisée comme un titre électronique. Il va prendre ma chanson comme exemple en classe ! Je ne vais pas savoir où me mettre."