La triste nouvelle est tombée hier, en début de soirée : Lou Reed s’est éteint à l’âge de 71 ans sans que l’on connaisse exactement les causes de son décès, même si l’on sait que le chanteur et musicien américain avait subi une greffe du foie en mai dernier.

Lewis Allan Lou Reed est né à Brooklyn le 2 mars 1942 et a marqué l’histoire de la musique de son empreinte. Leader du Velvet Underground, il a composé quelques morceaux devenus de grands classiques. Que cela soit avec le Velvet (Sister Ray, All Tomorrow’s Parties, I’m Waiting for The Man, Heroin,…) ou en solo (Walk on the Wild Side, etc.). Une carrière qui commencera avec Velvet Underground and Nico, un premier album sorti en 1967, et qui s’est terminée avec Hudson River Wind Meditations, dernier album studio (2007) alors qu’il a encore sorti un live (The Creation of the Universe) en 2009…

Personnage atypique, radical, froid (il était la hantise de nombreux journalistes qui redoutaient ses attaques tranchantes, voire son mépris pour celui qui osait le questionner), violent (dans ses textes, du moins), Lou Reed n’aura jamais cherché à se faire aimer.

Une radicalité qu’il aurait puisée dans certaines expériences traumatisantes subies à la fin de l’adolescence quand ses parents, inquiets de ses tendances homosexuelles, le feront traiter drastiquement : les séances d’électrochocs encaissées le rendront dépendant aux médicaments et l’inspireront pour quelques textes crus, sauvages, provocants qui deviendront sa marque de fabrique. Comme le parlé-chanté avec lequel il débitera quelques-uns de ses plus beaux textes.

Sterling Morrison, John Cale et Maureen Tucker (Angus MacLise quittera le groupe au premier cachet, ne voulant pas s’abaisser à pareille compromission) seront les parfaits compléments à cet être inspiré et formeront le Velvet Underground vite repéré par Andy Warhol qui les fera répéter dans sa fameuse Factory.

L’association entre les deux univers découlera sur des œuvres magistrales, le disque devenant un objet culte aussi bien pour les plages gravées que pour les pochettes (dessinées par Warhol). Pourtant, l’ambiance se dégradera vite et, en 1970, Lou Reed claquera la porte pour mener sa carrière solo. Peu après, la carrière du Velvet implosera et la tentative de reformation dans les années 90, sans Nico décédée, ne fonctionnera jamais.

Désormais, seuls Maureen Tucker et Doug Yule sont encore vivants, John Cale et Sterling Morrison ayant précédé Lou Reed dans la tombe.

La fin du Velvet n’impliquera en rien celle de la carrière de Lou Reed qui en vingt-huit ans sortira pas moins de vingt albums sous son propre nom (onze lors des dix premières années).

Artiste incomparable, Lou Reed servira d’inspiration à beaucoup d’artistes, David Bowie n’étant certainement pas le moindre. New Wave, Cold Wave, Glam Rock, soit autant de mouvements qui se sont nourris de l’œuvre du New- Yorkais qui a également une influence directe sur des groupes comme The Cure ou Joy Division.

Les hommages, du reste, se sont multipliés sur Twitter.

Mick Hucknall, le chanteur de Simply Red, estimant qu’il était l’âme de New York et que l’auteur de Berlin, l’un de ses albums favoris, était mort bien trop tôt.

Plus sobre, Julianne Moore : "Oh no ! RIP Liu Reed."

Encore plus sobre, celui de Ryan Adams : "Lou Reed."

Carl Barat (moitié des Libertines) lui a aussi rendu hommage : "Adieu Lou Reed. Tu m’as donné de la force et m’a aidé dans mes faiblesses."

Samuel L Jackson le pleure aussi : "RIP Lou Reed. Rencontré aux GQ Awards. La musique de ma génération. Toujours d’actualité."

Mia Farrow est dévastée : "Ma plus profonde gratitude Lou Reed. Paix."

L'auteur britannique Irvine Welsh, dont l'adaptation sur grand écran de son roman "Trainspotting" avait fait redécouvrir aux plus jeunes le titre "Perfect Day" s'est dit "triste" sur Twitter d'apprendre le décès du chanteur: "C'était une telle star. RIP Lou, et merci de nous avoir donné 'Perfect Day' pour 'Trainspotting'".

Sur le compte Twitter officiel du groupe britannique The Who, un message faisait référence à l'autre titre le plus connu de l'artiste, "Walk on the wild side", qui a connu un énorme succès alors qu'il évoquait des questions difficiles, comme la drogue et la transsexualité: "RIP Lou Reed. Walk on the peaceful side" ("marche en paix").

Même la starlette américaine Miley Cyrus a fait part sur Twitter de sa tristesse: "Nooooooooooooooooooooooon. Paaaaaaaaaaaaas LOU REED".