Mars, avril, mai et les mois qui suivaient s’annonçaient très chargés pour Typh Barrow en pleine promotion de son nouvel album. La pandémie est venue changer la donne. La chanteuse s’y fait.

Typh Barrow aurait de bonnes raisons d’en vouloir sérieusement au coronavirus responsable du confinement actuel. Il a brisé net le bel élan qu’a représenté la sortie de son nouvel album, Aloha, paru fin janvier dernier et salué par tout le monde. Mais il en faut plus pour abattre la jeune chanteuse qui profite de la situation actuelle pour passer du temps sur son piano et travailler des idées de compositions qui lui passent par la tête. "Pendant ce confinement, je passe l’essentiel de mon temps sur mes deux claviers", dit-elle.

C’est donc un confinement studieux pour vous ?

"Je ne sais pas si on peut dire studieux. C’est surtout que j’ai enfin l’occasion de prendre un peu de temps, de retrouver mon chez-moi, de composer et de jouer. Parce que ces deux dernières années, nous n’avons jamais arrêté de donner des concerts. Il y a aussi le studio, l’émission The Voice et la sortie de mon nouvel album. C’est chouette de pouvoir un peu se poser et aussi de prendre soin de soi. Je fais pas mal de yoga et de sport pendant cette période. Je l’avoue, ça me fait du bien de me reposer un peu."

Le mois prochain, vous aviez pas mal de concerts programmés. Qu’en est-il ?

"C’est l’incertitude. On attend les consignes (l’interview a été réalisée avant les décisions du Conseil national de sécurité dévoilées vendredi, ndlr). Nous réfléchissons à ce que nous allons faire en fonction de l’évolution de la situation."

Juste avant la sortie d’Aloha, vous reveniez d’un tournage en Nouvelle-Calédonie. Quel choc entre ce tour du monde et la situation actuelle qui vous recentre sur votre propre monde intérieur…

"Ce doit être un choc assez violent pour tout le monde. L’être humain n’a pas l’habitude de se faire retirer sa liberté et d’être confiné chez soi. Je pense que l’on doit être nombreux à redécouvrir notre intérieur, là où on vit mais aussi la personne que l’on est. C’est une période étonnante et bizarre mais aussi une occasion pour accéder à un autre niveau de conscience par rapport à soi-même et à la planète."

Vous faites des choses que vous ne faisiez plus ?

"J’en profite pour remettre en place des petites habitudes que j’avais peut-être perdues dans la frénésie de ces deux dernières années. Je fais aussi des choses que je n’ai jamais le temps de faire pendant l’année, comme cuisiner, par exemple. Je cuisine très mal parce que je ne prends jamais le temps de le faire. Il faut donner du sens à ce qui se passe pour le moment, ce qui fait aussi passer les journées plus vite. Mais la situation doit être très différente en fonction de la vie des gens. Je n’ose pas imaginer ce que ce doit être pour des familles nombreuses confinées dans de petits appartements."

Être privée de sorties, de bars et de restos, vous arrivez à le gérer, vous qui donnez l’image d’une personne sérieuse ?

"Personne sérieuse ? Je ne sais pas trop ce que ça veut dire (rire). J’adore faire la fête de temps en temps et voir mes amis quand je peux. Mais je fais un métier qui exige une certaine rigueur. Et avec la voix que j’ai, je dois respecter une certaine hygiène de vie. Depuis que je suis petite, j’ai un kyste sur les cordes vocales. C’est un peu comme une blessure qui immobilise une partie du muscle. Ça impose de respecter des choses si je veux tenir deux, trois ou quatre concerts par semaine. Ce qui n’empêche qu’un bon petit resto et trinquer avec mes potes, ça me manque énormément. Mais il faut respecter au maximum le confinement parce que c’est la seule façon de sauver des vies et de mettre fin le plus vite possible à cette pandémie pour se retrouver. Ce qui rythme mes journées, c’est ce que m’ont proposé les internautes. Tous les jours ou tous les deux jours, à 18 h, sur Instagram, je poste une vidéo réalisée dans mon salon, avec des compos ou des covers. C’est ma petite routine anti-morosité. C’est aussi une manière de conjurer le sort parce que je ne suis pas sur scène en ce moment."

Des gens dans votre entourage ont été touchés par le virus ?

"J’ai une amie qui a été à l’hôpital mais qui s’en est sortie. Et d’autres qui ont été touchés mais rien de grave. Moi, j’ai eu une semaine pendant laquelle j’ai eu des problèmes de respiration et des courbatures. Était-ce lié à cela, je ne le saurai probablement jamais."

© D.R.