Carla Bruni et Lara Fabian ont offert une chanson à la belle Cristina Marocco

BRUXELLES D'abord, il y eut une voix. Celle qui accompagnait Marc Lavoine dans J'ai tout oublié.

Ensuite, par la grâce de la télé, on a découvert la femme. Cristina Marocco apparut, belle pour une déesse hollywoodienne. Jeudi soir, elle se trouvait avec Marc Lavoine au Cirque Royal. Elle en profitait pour présenter son premier CD, A côté du soleil.

Lorsque vous l'avez là devant vous, elle est aussi belle qu'à l'image. Mais différente. Le côté vamp s'efface lorsqu'elle porte un pull, un pantalon strict et que son air de jeune fille bien sage est renforcé par des lunettes.

Définitivement, Cristina se présente comme une Sicilienne, même si elle est née et a toujours vécu à Turin. A l'origine, elle n'est pas chanteuse mais actrice de théâtre. Elle est arrivée en France en 1999. La suite, c'est elle qui nous l'a racontée: «J'avais envie de voir Paris et de m'ouvrir à d'autres horizons. Même professionnels. Mais je n'avais pas prévu de faire de la chanson. Finalement, j'ai toujours été une chanteuse malgré moi. Déjà à l'âge de 4 ans! Mon père écrivait des chansons, jouait de la guitare et je chantais avec lui. Plus tard, il m'a d'ailleurs fait suivre les cours de piano au Conservatoire.

Mais le théâtre reste, encore aujourd'hui, mon premier métier. C'est surtout du théâtre que j'ai vécu en Italie. J'ai quand même joué dans quelques courts métrages et dans un film pour la télé. A Paris, il y avait bien sûr la barrière de la langue. Même si j'arrivais avec de bonnes bases, j'étais loin de pouvoir jouer en français. En fait, je me donnais un an et, même si je gardais un accent qui m'empêchait un rôle dans Racine, je me disais qu'il restait d'autres théâtres. En Italie, quand des metteurs en scène se rendaient compte que j'avais une jolie voix, ils me faisaient chanter, mais il n'a jamais été question de faire un disque. Le monde du disque me semblait si lointain.

A Paris, j'avais un copain musicien professionnel qui se produisait dans un cabaret. Je chantais avec lui, en amateur, sans ambition. Un soir, un producteur est venu m'écouter. Il m'a proposé d'enregistrer des maquettes qu'il a fait écouter à Marc Lavoine qu'il connaissait. Et je me suis retrouvée à enregistrer J'ai tout oublié. Le théâtre me manque et je songe à monter moi-même un spectacle pour le retrouver. Mais, monter sur une scène pour y défendre ses chansons, c'est encore plus violent dans la mesure où, au théâtre, on peut se cacher derrière son personnage. Le théâtre fait appel à un processus cérébral. La musique, c'est l'instinct. D'ailleurs, il suffit de voir le public qui se lève, hurle et fait du bruit.»

Une chanson de l'album est de Carla Bruni.

«C'est moi qui ai demandé à la rencontrer. J'avais envie de collaborer avec quelques Italiens ayant eu un parcours similaire au mien. Carla est, comme moi, née à Turin. Mais elle, elle est arrivée en France en famille, à l'âge de 12 ans. En bavardant, nous nous sommes rendu compte que nous avions les mêmes références musicales. Nous aimions des chanteurs comme Battisti, De Gregori...»

Une autre chanson, Faire semblant, a été écrite par Lara Fabian.

«Lara est venue me parler dans les coulisses du Théâtre de la porte Saint-Martin, après un concert de Marc Lavoine. Elle m'a dit qu'elle aimait ce que je faisais et qu'elle avait lu des choses dans mon regard. Elle m'a dit qu'elle avait une chanson qui lui faisait penser à moi, qu'elle aurait aimé que je l'écoute, mais que je n'étais pas obligée de la prendre. Elle voulait d'abord enregistrer une maquette, mais elle ne trouvait pas le temps de le faire car elle était à Londres occupée à son album. Un jour, j'ai eu Lara au téléphone et, cette chanson, elle me l'a chantée comme ça. Une telle star qui vous chante une chanson par téléphone, je vous jure que ça fait drôle.»

Cristina Marocco, CD De l'autre côté du soleil, distribution EMI.

© La Dernière Heure 2003