Tête d’affiche du FestiNam, le maître du rap français s’apprête à y rapper comme jamais.

"On m’a invité et j’ai répondu présent, confie l’ex-membre de Sexion d’Assaut qui sera la tête d’affiche de la première édition du FestiNam le 21 mai (et avec Bob Sinclar la veille). Je suis très heureux d’y participer. J’ai toujours gardé un excellent souvenir de l’ambiance du public belge. J’ai hâte d’y être !"

Le rappeur au million d’albums vendus (devant Booba, Nekfeu et autre Gradur) a fait de ses lunettes de soleil sa marque de fabrique. Un peu comme Sia -avec qui il vient de sortir le single Je te pardonne- qui ne montre jamais son visage, Maître Gims ne s’en sépare jamais. "Cela me permet de garder un peu d’intimité, les gens me reconnaissent un peu moins avec, confesse le chanteur de 29 ans. C’est la seule barrière qu’il reste entre moi et le monde réel. C’est aussi une forme de timidité. C’est sûr que sans mes lunettes (même si durant notre entretien, il les avait retirées NdlR), je serais moins à l’aise. Ça m’aide beaucoup."

227 millions de vues pour Bella et la moitié pour Sapé comme jamais. Quelle est la clé du succès ?

"De faire un rap plus ouvert que les autres, sans doute. Bella n’est pas du tout du rap, limite. On est dans un son un peu gypsies, reggaeton, Amérique latine. C’est vrai que j’ai proposé un rap différent de ce qui se faisait, ce qui a permis à plus de gens d’y adhérer plus facilement."

Que répondre à ceux qui vous trouvent trop lisse alors ?

"J’ai commencé avec du rap de rue avec la Sexion d’Assaut (qui confirme un futur album, Le Retour des Rois, pour fin 2016 NdlR) , on a fait toutes sortes de rap. Mais c’est quelque chose que j’assume totalement et dont je suis même fier. Grâce à cela, j’ai pu faire de grosses tournées, conquérir un public plus large et j’aimerais encore aller plus loin. Mais ce n’est pas simple à faire."

Le gros challenge aujourd’hui, ne serait-ce pas de rester numéro 1 du rap français ?

"Clairement. Même si, aujourd’hui, numéro 1 ne veut plus rien dire car le rap a fortement changé. On est dans un monde où l’afro trap a pris le dessus sur le rap. Ce n’est plus que c’était. Aujourd’hui, le peuple ne veut plus du rap des années 2000. La nouvelle tendance, c’est l’afro trap sur des rythmes africains. Le rap est devenu la nouvelle variété. La variété n’est plus les grands chanteurs français, ils sont toujours là mais ça commence à s’estomper. Aujourd’hui, la musique urbaine est de la nouvelle variété."

Une victoire pour vous qui avez vécu une enfance difficile… Une expérience devenue une force mais comment ne pas tomber dans le côté obscur ?

"Tout le monde puise dans son passé et son vécu. C’est ce qui a permis de suivre le bon chemin. La musique m’a aidé. J’ai rencontré des gens passionnés comme moi et on a alors pu faire ce qu’on avait envie et se détourner de la rue… Quand on a connu ces trucs-là, tu peux très vite basculer et faire n’importe quoi. Ca se gère, dépend de ta personnalité et de ce que tu veux faire de tes idées et projets."

Pensez-vous parfois à l’échec ?

"J’y pense tout le temps, plus que tout le reste. Tous les jours, à chaque son, chaque projet, chaque show, chaque interview, tu penses à l’erreur. L’échec est partout, l’erreur est partout et cela peut venir de partout. Je suis très à cheval là-dessus, je fais très attention. Car la musique, ça va très vite. Tu montes très haut et tu redescends encore plus vite."

FestiNam, les 20 et 21 mai à Namur Expo. Infos et réservations : www.festinam.be.


"J’ai de la famille en Belgique"

Marié, quatre enfants et contre la législation du cannabis, Maître Gims est à l’opposé du cliché du rap. "(Rires) Je suis un rappeur et aujourd’hui le rap est plus complexe que ça en a l’air. C’est coupé décalé en 2016 !"

Celui qui a des origines congolaises sait de quoi il parle. "J’ai de la famille en Belgique, j’ai une tante qui vit à Bruxelles. J’y viens depuis tout petit, régulièrement, puis c’est un pays de puristes et d’amoureux du rap. C’est donc un passage obligatoire pour nous rappeurs." Le Maître du genre connaît même très bien notre Stromae national."Mais pour le battre, ça va être dur, admet celui qui avait réalisé un featuring avec le dandy sur AVF. Il a frappé très fort avec un album et une tournée exceptionnelle. Aujourd’hui, il s’est perché très haut ! On a fait pas mal de choses ensemble qui dorment sur le côté donc… qui sait ?" Une carrière à l’international serait-il l’un de ses objectifs ? "J’ai reçu quelques trophées en Italie, concède celui qui chante du Pavarotti et rêve d’un duo avec Mylène Farmer ou Johnny Hallyday. Le Danemark commence doucement aussi, on essaye donc de suivre. Tout le monde rêve des USA car c’est l’Amérique, le pays du rap et symbolique. Après, c’est compliqué avec la langue française."