Michael J Sheehy n’est pas un inconnu pour ceux qui ont la curiosité de découvrir ce qui se fait en dehors des sentiers battus et formatés. Ancien leader de la formation Dream City Film Club, qui a sorti trois albums avant de se séparer, Sheehy s’est ensuite lancé en solo. Si son premier effort Sweet blue Gene est passé inaperçu chez nous, Ill goteen games devrait lui apporter enfin la reconnaissance. Du moins s’il y a une justice en rock… Songwriter à la plume sensible (il cite Hubert Selby Jr, l’auteur de Last exit to Brooklyn et Le grand saule, comme influence majeure), Michael J Sheehy ne s’enferme pas dans des plans misérabilistes ou prise de tête. Sa voix fait parfois songer à celle du beau rocker Chris Isaak (c’est flagrant sur la plage d’ouverture) et la richesse des arrangements suscite la comparaison avec les Bad Seeds de Nick Cave ou les Tindersticks. Mélancolique sans la jouer 'pauvre chanteur solitaire', sincère et sensé, Michael J Sheehy réussit un album mélodiquement parfait et passionnant de bout en bout. Reste à espérer maintenant que les radios daignent prêter attention à ces perles que sont Some people love to get hurt, Just a word ou encore Tired old love song. A découvrir d’urgence.

Michael J Sheehy, Ill gotten games (V2).