Musique Disparu le 26 janvier, à 86 ans, il laisse une œuvre riche, extraordinairement variée, et une kyrielle de mélodies inoubliables.

Bien sûr, il avait 86 ans, et alors ? La disparition d’un immense bonhomme comme Michel Legrand touche toujours, très probablement parce que, pendant des décennies, il a fait, par sa musique, le bonheur de millions de gens. Par-delà les générations, puisque la musique de Michel Legrand se passe de l’une à l’autre, comme le bâton témoin dans la course relais de la vie. Un bonheur pas univoque, mais enjoué, pétillant comme le jazz, mouvant comme le swing, parfois brumeux d’une nostalgie rêveuse. "Pour moi, le bonheur, c’est de la musique, disait-il, et quand il y aura de la joie partout, ce sera vraiment le triomphe de la musique."

Michel Legrand a fait beaucoup de belles choses durant sa longue vie, mais nul n’a, comme lui, aussi bien marié le jazz et la chanson. Musicalement, il a de qui tenir. Son père, Raymond Legrand, fut un immense chef d’orchestre, et sa mère, Marcelle, était la sœur de Jacques Hélian, autre chef d’orchestre. Legrand père quitte sa femme quand le petit Michel, né le 24 février 1932 dans le XXe à Paris, a trois ans. Gamin, seul à la maison, il mettait la radio et travaillait la mélodie et l’harmonie au piano : "C’est comme ça que je suis venu à la musique , dit-il, par la chanson."