Ce soir au Cirque Royal, l’ambassadrice de la chanson française a commencé à la télé.

"J’ai vécu un véritable conte de fée", se rappelle Mireille Mathieu. Du haut de ses 68 ans et de son brushing éternel, celle qui fête ses 50 ans de carrière (au Cirque Royal de Bruxelles ce soir et avec un triple album best-of) n’est autre que l’originale - bien avant Kendji ou Jenifer donc - du télécrochet.

C’est elle qui était déjà là, en 1965 au fameux Jeu de la chance, de l’émission Télé Dimanche de Raymond Marcillac.

"C’est comme cela que j’ai eu la chance de me familiariser avec la scène en faisant les lever de rideau des tournées d’Hugues Aufray ou France Gall, raconte-t-elle. Je faisais partie des 5 chanteurs amateurs de l’émission qui ont été plébiscités par le public."

Ce n’est donc pas anodin si elle a demandé à Ycare ("Mon coup de cœur") de La Nouvelle Star de lui écrire une chanson (Ce n’est rien) pour son best-of intitulé Une vie d’amour.

Mireille Mathieu représente aujourd’hui plus de 122 millions de disques vendus à travers le monde et on ne sait pas où elle va s’arrêter.

"Le secret est de rester authentique, nous susurre-t-elle avec son joli accent du sud. "Faut être fière de ses racines et rester soi-même. Avec La Star Academy ou La Nouvelle Star, ce qui me navre, c’est qu’ils chantent d’abord en anglais. Or, on a de grands auteurs dans la chanson française. Moi qui voyage partout, on ne s’imagine pas à quel point la chanson française est appréciée à travers le monde."

Une Mireille aux accents belges. Même si elle affiche souvent des liens très fort avec les puissants de ce monde (de Sarkozy à Poutine), cette grande dame précise qu’elle les côtoie "parce qu’ils veulent me voir et c’est un honneur de répondre à leur invitation et leur public. Mais je ne parle pas de politique !"

Artiste transgénérationnelle, la doyenne de la chanson française - inspirée d’Edith Piaf et qui semble décidément traverser les âges (elle est d’ailleurs marraine d’un produit bio grâce à son hygiène de vie modèle) - insiste : "Je ne serai jamais lassé de chanter l’amour. On ne dit jamais assez aux gens qu’on les aime, surtout dans le contexte actuel, faut leur tendre la main. Car avant tout, le plus important, est de chanter ce que l’on aime. Car c’est le cœur qui parle et qui chante. Suffit de voir votre Brel !"

Et en terme de chanteur du plat pays, celle qui habitait - à ses débuts - à l’hôtel Amigo de Bruxelles semble toujours à la page musicalement. "Stromae, je ne le connais pas mais c’est un génie ! Je pense sincèrement qu’il ira loin car il a très bien compris ce métier. Il s’est mis en scène, s’est créé un personnage et il sait où il va. Quant à Arno, c’est quelqu’un qui a beaucoup de talent et je sais qu’il souhaiterait qu’on fasse un duo ensemble" (sourire). Duos surprises ce soir au Cirque (ou à l’avenir) ?