John Stargasm explique pourquoi il a fallu patienter cinq ans

Deux morceaux en écoute sur leur myspace

BRUXELLES Cinq ans. Cela fait cinq ans que Blow est sorti. Une première fois annoncé en janvier... 2007, le troisième album de Ghinzu ne sortira que plus de deux ans plus tard. Pourtant, un beau midi de juin 2007, John Stargasm demandait quelques heures de répit pour expliquer pourquoi le concert était maintenu aux Ardentes et justifier un état semi-comateux par une fiesta célébrant la fin des enregistrements studio.

"J'ai l'impression que cet album ne sera jamais fini, explique le chanteur de Ghinzu. On a été tellement habitué à se dire qu'on va changer ceci ou cela que maintenant j'ai encore tendance à dire qu'on va modifier tel ou tel truc."

Ce qui n'explique pas encore le retard : "Après la tournée de Blow, on a pris un an pour se nettoyer les oreilles. On devait, aussi, trouver un nouveau batteur. On ne s'est pas assis à table pour discuter en amont de la couleur de l'album. Le groupe est super-instinctif. Artistique, même. On a commencé à voir arriver, comme une invasion allemande, toute cette musique électro. On avait l'impression qu'on avait des trucs à améliorer par rapport aux deux premiers CD, notamment en matière de son."

Bavard, John Stargasm se perd parfois en digressions mais revient toujours à la question : "On a pu laisser décanter plein de chansons et voir comment elles survivaient ou passaient à travers ces tendances. On n'a jamais eu autant d'idées, on n'a jamais enregistré autant de morceaux."

Retour en juin 2007 : "À ce moment, en sortant du studio, une grande partie de l'album était probablement faite mais sûrement avec des trucs non aboutis niveau paroles et homogénéité d'album. La finition a pris du temps, le tracklisting a pris du temps. Ensuite, on a déliré sur l'art working. Au moment où on croyait que c'était fini, on avait une nouvelle idée. Et forcément, on n'était plus à deux mois...

Et puis on était un peu parano : comme t'avais passé tellement de temps sur un morceau, tu devenais un peu prisonnier de ta méticulosité et tu te devais de t'appliquer autant sur un autre morceau. Et on n'avait pas envie d'un album surfait, si bien qu'on rajoutait des jams, des trucs plus bruts, lâchés, éventuellement réarrangés, en plus des recherches de sons infinis. En tout, cela fait cinq ans."



Basile Vellut

Ghinzu, Mirror Mirror (PiAS).





© La Dernière Heure 2009