Dix ans après l'Eurovision, la voici prête pour les Francofolies

LIÈGE En 1992, Morgane interprétait Nous on veut des violons à l'Eurovision. Dix ans plus tard -c'est-à-dire ce samedi -, elle chantait la même chanson pour son retour, après cinq années d'absence, au Trocadéro de Liège. La même chanson? Voire!

Pour ce retour, Morgane a misé non plus sur le disque, mais sur la scène. Elle s'est entourée de musiciens qui, habituellement, accompagnent Maurane ou William Sheller. Et ceux-ci lui ont reconcocté Nous on veut des violons à leur sauce. Ce n'est plus la même chanson. Oh! ça déconcerte. Et même, disons-le, dans ce cas précis, on préfère encore l'ancienne version. Car celle-ci a besoin de plus d'une écoute pour être appréciée. Mais au moins, Morgane a osé. Son nouveau Nous on veut des violons a un rythme beaucoup plus lent et un tempo funky. Ce qui indique à suffisance le chemin que la jeune chanteuse liégeoise, âgée aujourd'hui de 26 ans, a choisi de prendre: elle explore de nouveaux horizons. Franchement, Morgane épate!

De la trempe d'une Zazie

Son spectacle a une incontestable dimension rock. Elle est loin la petite fille gentille qui avait 16 ans. Que s'est-il passé pendant ces dix années? L'artiste a pris énormément de maturité. Elle assume avec une totale énergie et des titres qui figureront, vers le mois d'avril, sur son prochain album et qui appartiennent à une mouvance d'aujourd'hui, qui pourraient tout aussi bien être revendiqués par une Zazie, dans certains cas, ou une Axelle Red, dans d'autres cas. Seuls au monde (qu'elle a chantée deux fois), L'homme qui... (un titre fabuleux), Gérard ou T'as pas compris sont des chansons qu'on risque de réentendre beaucoup.

Elle reprend aussi Elle m'appelle de Pierre Rapsat et, surtout, Banana Split de Lio qu'elle revisite complètement et enrichit d'une dimension supplémentaire. Morgane a maintenant une dimension digne d'un podium en plein air aux Francofolies.

1/03 au Wauxhall de Mons; 25/04 au Théâtre Royal de Namur et 29/04 aux Beaux-Arts de Charleroi.

© La Dernière Heure 2003