Les nouveaux usages de consommation de musique ont influencé les comportements de piratage : aujourd’hui, le "stream ripping" - pratique consistant à réaliser une copie pérenne de contenus diffusés en streaming via logiciel ou sites Web - est devenu le procédé le plus répandu, dépassant les autres formes de téléchargement.

D’après l’Ifpi, ce phénomène n’a rien d’anecdotique : près de la moitié (49 %) des 16-24 ans, 40 % des 25-34 ans et trois internautes sur dix sans distinction d’âge ont utilisé des outils pour pirater de la musique depuis les plateformes de streaming comme Spotify ou Apple Music.

L’industrie musicale est surtout confrontée à une problématique vieille comme le monde en informatique où, si on peut lire un contenu, on peut en principe l’enregistrer d’une manière ou d’une autre. 

YouTube n’est pas épargné non plus par ces pratiques et a envoyé des mises en demeure, actions qui n’ont pas débouché sur des poursuites judiciaires et restent sans effet pour l’heure puisque les interpellés sont toujours opérationnels.

Pour le porte-parole de la Recording Industry Association of America, le ‘stream ripping’ "détourne des ventes et des streams licites, privant les artistes et les labels de royalties et sapent les services d’écoute en ligne."

Mais ce qu’il oublie de dire, c’est que le droit d’auteur n’est pas absolu. Il existe des aménagements à destination du public, de façon à lui permettre de profiter des œuvres comme il l’entend, ayant le droit (ou plus exactement bénéficiant d’une exception) de réaliser une copie pour son propre usage (la fameuse copie privée).

C’est sans doute cet aspect qui gêne l’industrie du disque et qui explique pourquoi elle s’agace de voir le succès croissant des sites de ‘stream ripping’: la perspective qu’un certain nombre de vues sur YouTube, qui génère des revenus publicitaires, sorte de son radar du fait que les titres ne sont plus consommés en ligne, avec la publicité, mais hors ligne, sur le PC ou le smartphone de l’utilisateur.


Musique en ligne : nouveaux modèles

Une pratique qui progresse . Si le streaming est devenu la voie royale pour écouter de la musique sur Internet, de trop nombreux internautes, au goût de l’Ifpi (Fédération internationale de l’industrie phonographique), consomment des contenus par le moyen de pratiques qu’elle juge illégales, et ce, même dans un contexte de reprise de croissance pour ce secteur qui n’avait plus connu cela depuis près de vingt ans, mis à part un sursaut en 2015.

 Pour ce bilan , l’Ifpi a étendu son analyse aux pays correspondant aux 13 marchés les plus lucratifs au monde : l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, la Suède, l’Allemagne, l’Italie, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Brésil, les États-Unis, le Mexique et le Canada. 

Reste que la plupart des internautes de ces pays leaders du marché de la musique ne sont pas hors-la-loi.