The Notwist livre son troisième album

MUNICH Lali Puna, Console, Mrs John Soda, 13 & God, The Tied & Tickled Trio ou Subtle : les autres groupes dans lesquels s'investissent à des degrés divers les différents membres de The Notwist ne manquent pas. Et expliquent que les fans du groupe allemand aient dû attendre six longues années avant de pouvoir acheter un sucesseur à l'acclamé Neon Golden , le cinquième album du groupe.

"Quand nous avons terminé cet album en 2002, nous voulions tous nous investir dans nos autres groupes car, pour chacun de nous, il a toujours été important de changer, de faire de la musique avec d'autres gens, d'avoir d'autres idées, de s'ouvrir à de nouveaux concepts", estime Markus Acher, le chanteur. "On a vraiment commencé à bosser sur The Devil You + Me il y a deux ans. Nous ne sommes pas spécialement lents, mais nous avons vraiment voulu expérimenter beaucoup avec des instruments, des guests, d'autres musiciens. Et essayer tout ce qui nous traversait l'esprit. Après Neon Golden, nous avons beaucoup tourné, mais nous n'avons pas essayé d'exploiter le succès, nous avions juste envie d'autres choses."

Et le résultat est probant. Toujours aussi sombre, introvertie, mélancolique, la musique de The Notwist voyage entre folk et électro, entre expérimentations techniques et acoustiques avec une petite touche psychédélique.

"Je trouve que ce nouvel album est plus personnel, plus nu. Il n'existe pas une énorme différence entre nos deux derniers albums, je crois. Peut-être que les arrangements prennent moins de place cette fois-ci. Je pense que quand c'est sombre, c'est plus sombre que New Golden mais quand c'est positif, ça l'est également davantage. New Golden racontait plus des histoires, celui-ci parle davantage de nous, de nos expériences. Il est positif et sombre. Nous ne sommes pas malheureux mais nous avons été confrontés à des choses difficiles et tristes dans notre entourage. La musique, c'est toujours une sorte de thérapie pour celui qui la compose. Mais peut-être que les gens peuvent reconnaître également une partie de leur vie, de leurs expériences dans ce que nous faisons. Du coup, c'est devient thérapeutique également pour d'autres personnes. La musique peut exprimer quelque chose d'inexprimable avec des mots."

À la basse et aux claviers au sein de Lali Puna, le groupe orchestré autour de la Sud-Coréenne Valerie Trebeljahr, Markus Acher ne voudra jamais délaisser un projet pour un autre. Quand le succès de Neon Golden a davantage mis en scène The Notwist ou quand des membres de Radiohead se sont fendus d'une déclaration comme quoi Lali Puna était leur groupe préféré mettant un nouvel éclairage sur le quatuor, la position de Markus n'a pas fléchi : "Chaque groupe est également important. C'est important de les avoir tous. La déclaration de Colin Greenwood nous a ouvert des portes. Mais le plus important, c'est que nous admirons et aimons beaucoup Radiohead, donc nous étions flattés. C'est un groupe tellement inventif, créatif que le fait de dire un truc pareil fut une grande surprise mais aussi un grand honneur. "

Le dernier album vaut également le détour.

The Notwist, The Devil, You + Me (City Slang).



© La Dernière Heure 2008