Le leader du groupe Indochine était, par téléphone, au micro de RTL ce dimanche. Il est intervenu dans le cadre de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche".

Il a évidemment été question de la polémique liée au Stade Roi Baudouin. Pour rappel, le groupe Indochine a refusé de s'y produire, privilégiant le stade de Lille en France, car le Roi Baudouin ne permet pas d'accueillir "dignement" le public. (Les détails ici)

Nicola Sirkis est revenu sur ses propos et ne peut comprendre la polémique qui a suivi. "Je peux l'entendre, mais je trouve ça plutôt triste parce que les dirigeants du stade devraient plutôt défendre ce que j'ai dit." Le chanteur, qui ne remet pas en question la qualité des concerts qui ont déjà eu lieu dans le Stade Roi Baudouin (notamment celui de Coldplay), reprécise que sa critique vise la façon dont le public est accueilli. Il a d'ailleurs assuré regretter de ne pouvoir se produire à Bruxelles, lui qui a passé son enfance en Belgique et qui a enregistré tous ses albums à Bruxelles. "Effectivement, je suis le plus malheureux du monde de ne pas pouvoir faire le stade Roi Baudouin parce qu'il ne correspond pas à ce que, nous personnellement, on considère normal quand on fait un concert, c'est-à-dire d'accueillir le public dignement."

Nicola Sirkis, pour illustrer son propos, a pris un exemple qu'il a lui même vécu. "Je trouve qu'au niveau de l'accueil du public, ce n'est pas normal qu'on puisse faire des heures de queue, qu'on ne puisse pas se garer ou alors quand on se gare, les autorités libèrent le public au bout de 3, 4 ou 5 heures. Ça nous est arrivé. Moi je suis allé voir le groupe One Direction avec ma fille en 2015. J'y suis entré en public lambda, pas du tout en public VIP, avec à peu près 99% du public. A la fin du concert à 23h, on a été regagner notre voiture dans le parking C. Les autorités n'ont libéré ce parking qu'à 2h30 du matin. On s'est retrouvés coincés dans ce parking entre 23h et 2h30 du matin, entourés de plus de 5.000 voitures, avec des enfants en bas âge. Je trouve ça complètement inacceptable."

Le chanteur, qui assure toujours vouloir "prendre soin" de son public, affirme se battre perpétuellement pour des places "pas chères" et pour accueillir "dignement" le public. Il ne voudrait pas dès lors que la fête des 40 ans du groupe s'en retrouve gâchée par une mauvaise expérience. "La série de concerts qu'on va donner pour nos 40 ans, je voudrais que ce soit un super souvenir, que ce soit une fête et que ça ne soit pas gâché par ce genre de choses. Je trouve que les infrastructures autour du Stade Roi Baudouin ne correspondent pas."

Quant à la concurrence avec le stade de Lille, ce qu'on lui a reproché, Nicola Sirkis botte en touche. "Je voudrais répondre à un de vos journalistes qui a dit que c'était un problème de concurrence avec le stade de Lille… Ça n'a rien à voir. Le Stade de Lille est beaucoup plus cher à la location que le Stade Roi Baudouin donc ça nous arrangerait nous, si on était des artistes comme tout le monde, de jouer au Stade Roi Baudouin, de se foutre de la gueule du public et de gagner plus d'argent. Je trouve ça un peu injuste. Que cela pose un problème, je le comprends. Mais moi si je peux être à l'origine d'une réflexion et d'une amélioration des infrastructures, j'en serais le plus heureux. Et nous réviserons bien sûr alors le fait d'aller jouer à Bruxelles"

Benoît Hellings reconnaît un "problème de mobilité"

A noter que Benoît Hellings, Premier échevin et échevin du Climat et des Sports à la Ville de Bruxelles (Ecolo), était présent sur le plateau de RTL et a réagi. "En cas de concert, il y a un vrai problème de mobilité. C'est pour cela que pour accueillir Rammstein et Metallica, nous avons mis en place toute une série de mesures de mobilité complémentaires à la voiture. C'est un vrai problème logistique d'amener 55.000 personnes à un seul et même endroit au même moment. Pour Metallica et Rammstein, il y avait un parking de 8.000 vélos. C'est neuf."

Et quand on lui demande si des transformations vont être faites, Benoît Hellings de réponde: "Il y a deux choses à faire, c'est clair. D'un point de vue sportif, il faut rénover le Stade Roi Baudouin. Cela, l'Union belge et le Memorial Van Damme travaillent sur un projet. Deuxièmement, en ce qui concerne la mobilité, il est clair que c'est un gros point noir mais il y a de beaux avantages: le Stade est bien situé par rapport au reste de la région, il est proche du ring et il y a trois stations de métro." Et quand Nicola Sirkis ajoute qu'il y a un seul accès à l'autoroute pour trois parkings, l'homme poliitque conclut en souriant: "On va y bosser Mr Sirkis"