Aya Nakamura a tenu parole. La sortie de son troisième album a été maintenue à la date initiale et ce malgré le reconfinement décidé en France. Aya est disponible depuis ce vendredi minuit tandis que de nombreuses autres sorties ont été reportées sine die. Il est vrai que c’est avant tout sur les plateformes d’écoute en ligne que la chanteuse française trouve son public, au contraire des Jane Birkin, Calogero et autres qui auraient été pénalisés par la fermeture des commerces pour les ventes physiques. Cela étant dit, Gims est dans le même cas qu’elle et lui a tout de même postposé la parution de son petit dernier. La démarche est donc à saluer.


Artiste francophone la plus streamée dans le monde

À seulement 25 ans, Aya Nakamura n’a plus rien à prouver à personne après le succès de ses deux premiers opus précédent, en particulier celui de Nakamura. Commercialisé en 2018, il s’est écoulé à un million d’exemplaires, pour moitié en France, pour l’autre ailleurs dans le monde faisant de la Franco Malienne l’artiste francophone la plus streamée de la planète et lui ouvrant les portes du marché américain puisqu’elle était attendue sur la scène du festival Coachella en début d’année. Un rendez-vous reporté en raison de la crise sanitaire.

Remarquée par Vanity Fair, le New York Times et Forbes, la jeune femme se défend cependant d’avoir les États-Unis dans le collimateur, elle qui a déjà mis l’Europe à ses pieds. Elle l’a confié dans un entretien accordé au Républicain Lorrain : “[…] Je n’ai pas forcément envie d’aller faire une carrière à l’international, j’ai commencé en France et pour l’instant je ne vois pas les choses comme ça. Je n’ai pas de rêve américain, ça ne me fait pas rêver l’Amérique.”

Des featurings internationaux

Pourtant, Aya renferme trois featurings qui laissent supposer le contraire. En ouverture d’album figure une collaboration avec le Britannique Stormzy qui donne le ton du disque, assurément plus sombre que les précédents. Il y a aussi la participation de la rappeuse, britannique elle aussi, Ms Banks. Le mélange de leurs flows fait mouche sur “Mon Lossa”, un des moments les plus remarqués de cet album.

Si l’on retrouve tout au long d’Aya la patte qui a fait le succès de son prédécesseur, force est de remarquer que la chanteuse ne s’est pas reposée sur ses lauriers. Dans l’ensemble, ce troisième essai est plus sombre musicalement, plus intime aussi sur le plan du propos. “C’est un peu plus instrumentalisé, un peu plus doux, reconnaît-elle dans les pages du Républicain Lorrain. C’est toujours moi, deux moi différents.”

© Fifou

Des tubes

Elle enfonce le clou dans un des teasers vidéo diffusés sur la Toile indiquant avoir voulu “entrer dans le vrai moi, sans le côté artiste et tout ce qu’il y a autour. Je trouve que je suis un peu plus honnête, dans cet album.” En témoignent des titres comme “Mon chéri”, “Love de moi” ou “Ça blesse”. De son côté, “Fly” va en surprendre plus d’un avec ses petits airs de variété. “C’est peut-être un début…”, laisse entendre Aya Nakamura dans certaines interviews. 

Que les fans de la première heure se rassurent, l’Aya Nakamura qu’ils connaissent n’est jamais très loin. Et les tubes sont bien de la partie. “Bliff”, “Doudou” et surtout l’ultra catchy “Jolie Nana” n’ont pas grand-chose à envier aux “Pookie”, “Djadja” et autres “Copines”.


À noter également la reprise de “Sentiments grandissants” de Karima, “un son que j’ai toujours écouté depuis petite et je pense que ma fanbase le connaît”, confie-t-elle.

Conçu pendant le premier confinement, Aya reprend l’histoire où l’avait laissé Nakamura avec la maturité en plus. C’est un disque plus apaisé, plus intime aussi, où les histoires d’amour, d’amitiés et les ruptures aussi sont omniprésentes. Il devrait asseoir encore un peu plus le statut acquis par Aya Nakamura. Et pourquoi pas lui ouvrir les portes du Nouveau Monde…