Twarres confirme l'étendue de son pouvoir émotionnel sur un second album

BRUXELLES Arriver avec un second album alors que le premier s'est vendu par camions a déjà fait suer bien des artistes. Après avoir écoulé quelque 200.000 Stream aux Pays-Bas et en Belgique, les jeunes Twarres n'échappent pas à la règle et étaient, eux aussi, attendus au tournant. Un tournant que Mirjam et Johan ont amorcé avec une force aussi mélanco-triste que celle qui leur avait permis, en 2001 et avec les singles Wêr Bisto et Children, de gagner les sommets. Discrètement mais sûrement. En concevant les textes de ce CD 2, Mirjam a troqué le frison contre l'anglais et, musicalement, propose une poignée de mélodies au tempo enjoué (Find your way, Well hello et Run away, presque trip-hop). Mais c'est tout de même dans une atmo- sphère intimiste et émotionnelle que baigne ce nouvel opus. Un disque dont la profondeur ne peut, de surcroît, s'apprécier à la première écoute. `En cela, il est différent de Stream´, confirme Mirjam. `D'un autre côté, notre groupe de musiciens nous a rejoints en studio, ce qui constitue un changement véritable. J'ajouterais que CD 2 sonne un petit peu plus américain, qu'il forme davantage un ensemble et est plus compact. Et puis, ici, j'ai fait mes armes en tant que productrice.´

Plus décontractés qu'à l'époque de leurs premières interviews, ces deux copains de classe sont néanmoins toujours aussi réticents à l'idée de devoir expliquer le contenu de leurs chansons. Surtout qu'on imagine qu'il y est rarement question de carnaval... `J'y exprime tout ce qui me fait réagir, les choses que j'ai vues et ai moi-même expérimentées´, avance Mirjam. `Mais je ne donnerai pas d'exemple précis. Puisque notre bio s'attarde sur Little Sister, je peux dire que ce titre parle d'une jeune fille de notre région, Marianne Vaatstra, dont l'assassinat m'a traumatisée. Je ne la connaissais pas, mais en voyant aux infos ce qui lui était arrivé, elle ne m'a plus quittée. Elle a été victime d'un acte cruel et gratuit. Son responsable n'a pas été retrouvé et tout ça, vraiment, je ne peux pas y croire. Je sais que l'homme a au fond de lui beaucoup de bonté mais, pour l'instant, il ne m'inspire aucune confiance. En revanche, je crois au futur.´

En insistant gentiment, on apprend également que Finally revient sur le destin tragique d'un être plus proche de Mirjam: son chat! `Deux chiens l'ont égorgé quand j'étais petite et, à nouveau, c'est une image qui ne s'en va pas.´

S'il y a bien, d'autre part, un truc qui risque de rester, c'est évidemment la soi-disant proximité entre Twarres et le combo familial irlandais les Corrs. Même si l'aspect résolument personnel de CD 2 devrait progressivement éviter à Mirjam et Johan d'avoir les oreilles rabâchées avec pareille comparaison. `Peut-être qu'il y a effectivement des éléments de notre musique qui font penser à tel ou tel artiste mais, sincèrement, quand nous nous passons du Sting, ce n'est jamais dans le but de nous en inspirer. En ce qui me concerne, j'écoute beaucoup de choses diverses, Simon & Garfunkel, Coldplay, Toto ou les Crash Test Dummies pour ne citer qu'eux.´

Que la parole, dans cette rencontre, soit principalement revenue à Mirjam ne relève pas de l'injustice. L'âme, la voix et les mots de Twarres, c'est elle. Johan continue à la seconder derrière le micro (de façon plus prégnante sur Well hello), mais, attention, que personne n'essaie de séparer ces deux-là! `Avec le succès, le côté tout à fait spécial de notre amitié s'est encore renforcé´, conclut la frêle jeune femme (elle a 20 ans). `Il est en effet exceptionnel que des copains d'école, des années après, connaissent ensemble ce que nous sommes en train de connaître. Twarres ne serait plus Twarres s'il n'y avait pas Johan.´ Ce n'est qu'en mai prochain que le duo prévoit d'entamer une tournée en Belgique. On a le temps.

Twarres, CD 2 (EMI). A l'AB, le 13 décembre.

© La Dernière Heure 2002