Badaboum ! Un an après le départ de Noémie Wolfs, Hooverphonic retrouve sa - et même plusieurs - voix sur son nouvel album In Wonderland

"On a beaucoup changé en 20 ans, confie le duo belge de Saint-Nicolas, composé aujourd’hui du duo original : Alex Callier et Raymond Geerts. C’est fou comme cela va vite, on a l’impression que notre premier album A New Stereophonic Sound Spectacular était hier."

Hooverphonic, qui a pris pour habitude de changer de voix constamment - que ce soit musicalement ou vocalement (6 chanteuses en 20 ans !) -, publie aujourd’hui son neuvième album studio dont le titre Badaboum est déjà le tube de ce début d’année et qui joue aussi sur la satire avec le morceau Cocaïne Kids. "En 20 ans, beaucoup de choses ont changé dans le milieu, examine le leader, Alex Callier, qui assume son retour aux cordes glamour et cinématographiques. On est plus libres dans nos clips. Youtube est plus libre que MTV mais paradoxalement, en télé, on était sûrs d’être vus à l’époque. Aujourd’hui, avec Internet, la compétition est tellement rude qu’on n’est moins certains d’être vus… L’objet CD est presque fini en plus, Spotify et Deezer font la loi."

À ce titre, nous sommes aujourd’hui dans une période de playlist et plus d’albums. Pourquoi en réaliser un alors ?

"Mais notre album est une playlist. La vraie version de l’album, dont il existe seulement 300 copies, est composée de cinq 45 tours avec à chaque fois une face A et une face B. C’est notre album le plus éclectique et le moins cohérent. On fait de la pop mais pas seulement. Il y a toujours une combinaison entre des trucs qu’on ne combine pas normalement."

Serait-ce le secret d’Hooverphonic pour rester au top tant d’années ?

"Il faut évoluer avec son temps, musicalement et artistiquement. Avoir une vision. On n’écrit pas que de la musique. Tout est important. De la vidéo à la lumière en passant par les vêtements, etc. On est très indépendants. On essaye de rester actuel. En live, par exemple, on est obligés de jouer Mad About You ou Badaboum . Avec nos tubes, on réalise déjà 1h30 de show. C’est pourquoi on joue différentes versions comme l’originale de Mad About You avec de vraies cordes. Pareil pour Gravity , Happiness , 2Wicky . Cela permet de garder de la fraîcheur et beaucoup d’enthousiasme."

D’où cette volonté, aussi, de repartir - après le départ de Noémie Wolfs - sur de nouvelles voix…

"C’est une chose dont on avait envie depuis longtemps. On est très fidèles donc on a toujours travaillé qu’avec une seule chanteuse. Quand on a décidé d’arrêter avec Noémie, on s’est dit qu’on n’allait pas être monogame toute notre vie (sourires) !"

Pourquoi cette séparation, une nouvelle fois ?

"On ne s’entendait plus musicalement, on voulait tous faire d’autres trucs, il fallait donc arrêter. C’est dommage qu’elle dise qu’elle a quitté le groupe alors qu’on s’est rendu compte, ensemble, que cela ne marchait plus ! Geike, c’est elle qui avait décidé de partir. Et ce fut un grand choc. Ici, Noémie voulait se tester en solo. Nous, on avait envie de se tester sur différentes voix. Chaque chanteur a écrit avec moi dans une sorte de boot camp en Norvège. Ce work shop fut très inspirant pour nous. Ce sont de véritables collaborations qui ajoutent une autre couleur. Il y a Christa Jérôme, la seule Belge, qui avait déjà chanté pour Starflam. Emilie Satt est parisienne. Litlo Tinz est londonien. On a aussi un chanteur hollandais, Tjeerd Bomhof. Felix Howard et Janie Price sont anglais, de Londres. Janie joue également du violoncelle."

Avec le succès, n’avez-vous jamais pensé à une carrière à l’étranger ?

"Nous non. Mais Noémie oui. On est conscients de ne pas être populaires tout le temps mais on aime cette variation. On n’est pas stupides non plus, on ne va pas faire les 5 mêmes albums même si on a le luxe de pouvoir faire ce qu’on veut."


Badaboum ? "Une recette entre roquefort et chocolat"

"Badaboum Hey ho, t’es tombé sur un salaud. Patatras, Eh bas c’est sûrement celui de trop !" C’est sans conteste le tube du moment sur les ondes radio, à moins que vous ayez vécu sur une autre planète ces dernières semaines. Et pourtant, rien ne prédisait un tel succès pour ce titre. "Sur papier, je me suis dit que Badaboum serait un tube disco punk, en style corde à la Hitchcock avec une Française qui fait un rap dessus, raconte Alex Callier. Sur papier, on dirait une recette de roquefort avec du chocolat. Mais quand tu l’entends, ça marche. Je pense que c’est cela notre secret, on arrive à combiner des choses opposées."

Si les paroles en français sonnent comme du vécu ("ça pourrait l’être", plaisante-t-il), c’était avant tout pour rigoler. "C’est l’histoire d’un type amoureux d’une fille et elle, amoureuse d’un con. On nous disait que ça n’allait jamais marcher !, sourit le bassiste et programmateur. Un Suédois ne peut pas vraiment comprendre un truc comme Badaboum et, en même temps, il passe en radio au Danemark."

Bref, à l’instar du titre de leur album (In Wonderland), Hooverphonic vit dans son pays des merveilles depuis 20 ans. "On est sur une route, on sait où on commence mais et on ne sait jamais où on va finir. On aime cette insécurité et on est même accro à cela !"

In Wonderland (Sony Music) et Hooverphonic sera en concert le 6/4 à l’AB à Bruxelles et au Forum de Liège le 22/4 avant quelques festivals d’été.