Il suffisait d’un piano et d’un micro pour que le Kid de Minneapolis soit magique. En témoigne ce premier album posthume inédit.

Le voici enfin ce premier album inédit extrait du coffre-fort de Paisley Park réputé contenir d’inestimables trésors enregistrés par Prince. Les neuf pistes que contient Piano & a Microphone 1983 ont été enregistrées sur cassette il y a 35 ans, au domicile du chanteur, à Chanhassen, soit un an avant la sortir de Purple Rain , l’album qui l’a propulsé au sommet.

Même si celles-ci n’étaient pas inconnues des fans qui se la passaient sous le manteau, on les découvre ici dans un nouvel écrin. Le support original a été retrouvé parmi tout le matériel laissé par Prince. Le son a été nettoyé et offre une qualité d’écoute plus qu’honorable. Il reste un peu de souffle - merci les cassettes ! - mais la restitution du piano et du son de la voix de Prince illumine les 35 minutes proposées.

Comment ne pas succomber aux prémices de ce qui deviendra l’incontournable "Purple Rain" ici interprété en toute simplicité, avec quelques délires vocaux du meilleur effet. Voilà 1 minute et 26 secondes - seulement ! - de pur bonheur.

Sur "17 Days", dont la version définitive constituait la face B du single "When Doves Cry", on entend le Purple One donner ses instructions et s’amuser comme un fou sur son clavier, à la façon d’un pianiste de jazz. Tout y est, jusqu’au son de son pied battant la mesure ou appuyant sur les pédales du piano. Par endroits, il imite de la voix les descentes de batterie qu’il imagine ou quelques accords rageurs de guitare. Il passe d’un titre à un autre avec une aisance déconcertante.

Mention spéciale également pour "Mary Don’t You Weep" - un classique negro spiritual maintes fois repris depuis les années 1860 - que l’on retrouve aussi sur la BO de BlacKkKlansman, le dernier film de Spike Lee qui vient de sortir.

Installez-vous dans votre fauteuil, fermez les yeux, lancez le disque et vous aurez l’impression que Prince joue pour vous, dans votre salon.