Musique

Encore un album de Johnny ? Eh oui, encore un. Après Mon pays c’est l’amour et son record de ventes, voici le très sobrement intitulé Johnny. Douze titres (et une intro hollywoodienne) mais pas un inédit à l’horizon. Du moins pas un inédit au sens où on l’entend généralement, à savoir une chanson originale qui n’a pas encore été entendue. Mais c’est un disque totalement inédit en ce sens où il propose douze morceaux, tous des classiques du Taulier, réarrangés en version symphonique avec des prises voix de Johnny qui n’ont jamais été rendues publiques. Elles proviennent de répétitions pour ses concerts au Stade de France en 1998 ou d’enregistrements studio jamais publiés.


C’est Yvan Cassar, qui fut le directeur artistique de Johnny et qui l’a accompagné sur scène, qui a réalisé le projet. Il l’affirme, tout ce qui se trouve sur Johnny a été validé par le chanteur. C’est le fruit du travail qu’ont mené ensemble les deux hommes et qui pouvait s’entendre sur les tournées. Les enregistrements studio des voix proviennent des sessions qu’ils ont effectuées en commun. Yvan Cassar qualifie ce disque de patrimoine, parce que Johnny aimait ces grandes envolées orchestrales mais sur scène, il fallait toujours que les guitares et la batterie aient le dernier mot.

Le rêve de Johnny réalisé

Alors, que vaut ce nouvel album de Johnny ? Il est phénoménal car il met à l’honneur de manière éclatante la voix du rocker, toute sa puissance, tant physique qu’émotionnelle. Cette voix transperce tout, soutenue de manière admirable par les orchestrations du directeur artistique. À l’écoute de ces versions, on se croit en terrain de connaissance et pourtant chaque élan musical est nouveau. Même les titres qui disposaient déjà d’arrangements très riches prennent une nouvelle dimension. Le tout est aussi au service de ces textes qui collent à la peau de Johnny.

© Universal

Si le rocker avait rêvé d’un disque orchestral, c’est assurément pour celui-là qu’il aurait signé. Si l’album se termine par “Non je ne regrette rien”, les fans peuvent regretter, eux, que leur idole ne leur a pas offert de son vivant un Stade de France avec ces orchestrations, sans guitares, sans batterie. Juste une formation symphonique et des chœurs. On imagine tout de suite le décor et le rendu.

Une furieuse Envie

Parmi les douze chansons, certaines sont évidemment plus marquantes que d’autres. C’est le cas de “Que je t’aime”, de “Requiem pour un fou” et de “Marie” qui tranche avec ses cascades de guitares soutenues par des cordes. Quant à “L’Envie”, elle s’avère dantesque avec les arrangements d’Yvan Cassar qui lui donnent une profondeur dramatique encore plus grande.

Impossible également de passer sous silence les deux titres signés David Hallyday qui se retrouvent sur ce disque. “Vivre pour le meilleur” prouve une fois de plus que Johnny est un chanteur, un vrai. Un interprète extraordinaire. Et “Sang pour sang” n’a jamais été aussi touchante qu’avec les mots de son fils mis en valeur de la sorte.

Encore un album de Johnny, disiez-vous ? Non. C’est une cathédrale flamboyante qui met son talent en pleine lumière.