Quentin Mosimann n'a pas perdu de temps depuis sa victoire dans la 7e Star Ac'. La preuve avec Duel

BRUXELLES Quand il est arrivé à la gare, hier matin, ils étaient une quarantaine à l'attendre sur le quai, appareil photo dans une main, son CD dans l'autre. Devant l'entrée de RTL, où il donnait une partie de ses interviews, même topo : les fans étaient au rendez-vous. Car, oui, c'était presque un rendez-vous que leur avait fixé Quentin Mosimann, via son forum (qui compte tout de même 17.000 membres !) quelques jours plus tôt. "Je trouve ça formidable" , dit-il sincèrement enthousiaste et en fourrageant dans sa poche pour en extraire son feutre - "l'arme nécessaire ". "D'ailleurs, l'accueil est tel, ici, que je vais finalement rester jusqu'à demain. Qui sait, je vais peut-être encore croiser des fans dans les rues de Bruxelles... "

En attendant, Quentin se plie au jeu de l'interview avec une étonnante maturité pour un garçon de 20 ans à peine et qui ne cesse, d'ailleurs, de rappeler qu'il n'est qu'un enfant.

Vous n'avez pas perdu de temps, depuis votre victoire à la Star Ac' !

"Euh, on peut se dire tu, non ? Si j'ai choisi de faire un album de reprises, ce n'est pas pour rien. Il ne faut pas se voiler la face, on sait que le succès d'un candidat qui sort de la Star Ac' va en régressant. Ce qui est normal, d'ailleurs. Donc, il ne fallait pas que je perde du temps. Je suis auteur-compositeur-interprète, j'aurais pu sortir un album avec uniquement des titres à moi - ce sur quoi je travaille en ce moment, d'ailleurs - mais ça aurait mis du temps. Cela dit, faire des reprises, ce n'était pas choisir la facilité. "

D'autant que tu es arrangeur de presque tous les morceaux !

"Oui, ce qui implique l'écriture des partitions, la mise en place de l'orchestre, les arrangements électro. Finalement, je ne sais pas comment j'ai fait pour aller aussi vite. D'autant que j'ai respecté ce que j'avais envie de faire dès le départ : mélanger du jazz et de l'électro."

Le choix des chansons, c'est le tien ? La plupart datent d'une époque où tu n'étais pas né !

"Oui, c'est comme une suite logique, pour moi. J'ai été DJ dans les baptêmes, les mariages et les soirées tartiflettes (rires). Et le seul moment où la piste était pleine, c'est quand je passais des morceaux des années 80. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, il n'y a plus cette effervescence autour de la musique. C'était d'autant plus intéressant d'en faire des versions jazz et électro. "

Toutes les chansons ne sont pas reprises dans les deux versions. Pourquoi ?

"Parce que j'ai estimé que certaines n'avaient pas à l'être. Je l'aime à mourir en électro, je trouve ça presque irrespectueux. Après, il y a les raisons techniques : L'aventurier, j'aurais bien aimé le faire en électro, mais ça aurait ressemblé à du ska ! (rires)"

Cherchez le garçon est le premier single. Ce n'est pas un hasard...

"Non ! Le titre dit ce qu'il dit. C'est un peu un clin d'oeil à l'émission, vu qu'on n'a pas arrêté de me chercher. Et puis, je voulais choisir la plus barrée de toutes. Je t'engage à chercher à tout comprendre de A à Z... Mais Daniel Darc, c'est quelqu'un. Je n'ai jamais eu la chance de le rencontrer, mais ça me plairait beaucoup. J'aimerais savoir ce qu'il pense de cette reprise. D'autant que ça marche vachement bien..."

Universal n'a pas vu d'inconvénient à ce qu'il n'y ait pas un mais deux disques ?

"Surtout qu'on reçoit deux disques pour le prix d'un ! Au départ, je voulais un packaging un peu différent, mais comme je voulais que ce ne soit pas cher, on est revenu à quelque chose de plus classique. Enfin, en général, quand on a l'aval du patron, c'est beaucoup plus simple. Et Pascal Nègre était très enthousiaste."

Quentin Mosimann, Duel, Universal.



© La Dernière Heure 2008