Enrique Iglesias continue à lutter pour sa crédibilité. Mais comme le dit le dicton, la plus belle fille du monde...

LONDRES Scoop! Enrique Iglesias s'est débarrassé du grain de beauté qu'il avait sur la lèvre supérieure. Aux nanas de juger. Pour le reste, le fils aîné de Julio sort un 7e album (le 4e en langue anglaise) intitulé 7. Il s'est foulé! Ce disque est un rien plus viril que les précédents, mais on reste dans le créneau David Charvet meets Ricky Martin. Enrique ne voit pas les choses de la même façon, assurant qu'il a sué comme un boeuf pour se rhabiller de sincérité. Son album évoque ce qui a traversé sa vie ces dix-huit derniers mois. «Les gens m'ont toujours sous-estimé et c'est bien. Cela me pousse à m'améliorer. Quand j'ai eu du succès la première fois, on a dit que j'avais juste de la chance, mais que ça ne durerait pas. Et j'ai entendu les mêmes commentaires à la sortie de chacun de mes albums. Il faut donc croire que plus je travaille, plus j'ai du bol! (rire) Ce que je tiens à contrôler, c'est ma capacité de création. Pas mon image. Tu me dis qu'on me voit beaucoup dans la presse people. C'est vrai mais, à la base, c'est parce que je suis artiste. Quelqu'un qui fait de la musique et auquel les journaux s'intéressent aussi sur le plan privé.» Il n'est pas sûr que ce point de vue soit partagé par tout le monde. Enfin bon. Puisqu'on l'avait sous la main, on a poursuivi l'entretien. En voici les portions les plus comestibles.

A 28 ans, Enrique est-il entré dans la maturité?

«Non! Je ne pense pas être mûr! Je me sens encore comme un gosse! Je t'avais rencontré en 96, pour mon premier album, et j'ai l'impression que c'était hier! Vraiment! Je me suis lancé dans la musique à 18 ans et donc, mon enfance, je l'ai vécue à fond. J'en ai tiré le meilleur. A ce moment-là, je m'étais dit que, plutôt que de ne rien faire, je devais trouver une occupation qui m'anime. Pour pouvoir continuer à m'amuser. Je n'avais pas envie d'attendre d'avoir 40 ans pour me bouger les fesses.»

Tu parles de musique avec ton père?

«Jamais. Il n'a pas besoin de me dire quoi que ce soit à ce niveau-là et je ne lui en donne pas l'occasion. J'en sais assez par moi-même. J'ai toujours été quelqu'un d'indépendant. Ma musique ne concerne que mes fans et moi. Même à Noël, avec ma mère (l'ex-mannequin Isabel Preysler, NdlR) et mes frères et soeurs, je refuse d'aborder ce sujet. Je suis déjà assez absorbé par ça.»

Ton single Addicted évoque les dépendances auxquelles on peut parfois succomber, c'est ça?

«Oui, c'est une chanson très noire qui dit que si on manque d'attaches positives, on peut facilement devenir esclave de choses négatives. La drogue, on m'en propose dans les soirées show-biz, et ça me fatigue! J'ai pensé à une époque que j'écrirais de meilleures chansons avec des joints! Mais à nouveau sobre, j'ai vite vu que j'avais fait de la merde! (rire) Quant au vin et au whisky, ce qu'ils m'ont filé, c'est un bon mal de crâne!»

Ta petite amie Anna Kournikova va-t-elle arrêter sa carrière tennistique?

«Non, je pense qu'elle va continuer, mais c'est à elle qu'il faut demander ça. On me pose sans cesse des questions sur sa carrière et on lui en pose sans cesse sur la mienne. Ce que j'ai envie de dire sur le tennis, c'est que vous avez de superchampionnes. Clijsters mérite de gagner plus de tournois qu'elle ne l'a fait jusqu'ici. Mais elle a l'air mentalement moins forte, moins dure que Henin. Même si elle est meilleure, non?»

Enrique Iglesias, 7 (Universal).

© La Dernière Heure 2003