Les habitants des Marolles sont très affectés par la disparition de cet "echte Brusseleir".

La disparition de Toots Thielemans a provoqué une onde de choc dans le quartier des Marolles, dans le centre-ville, où ce Bruxellois a découvert la musique dans un café tenu par ses parents, au n° 241 de la rue Haute. "Une grande perte pour les Bruxellois et la Belgique entière" , explique Jeannine, gérante d’un café des Marolles où il se rendait fréquemment.

Les avis dans le quartier sont unanimes : Toots Thielemans inspirait le respect de tout un chacun. Jean habitait à 500 mètres du domicile du musicien. "Il a résidé à Grimbergen, dans une fermette de la Potaardestraat. Je passais souvent devant chez lui pour aller voir mes parents à Meise . Il promenait son petit Yorkshire", explique ce Marollien de 72 ans. "Un jour, je me suis dit que son visage me disait quelque chose. C’est alors que j’ai compris qu’il s’agissait du grand Toots. C’était il y a 20 ans déjà".

La disparition de cet echte Brusseleir, appelé "Jeanke" par les intimes, affecte particulièrement cet ancien professeur, qui a un rapport tout particulier avec son morceau Bluesette. "J’écoutais cette chanson après la Seconde Guerre mondiale, au moment où mon père était dans un hôpital en Suisse. Encore aujourd’hui, quand j’entends cette musique, j’ai une boule au ventre car ça me rappelle mon papa", ajoute-t-il, occupé à déguster un café à une terrasse de la place du Jeu de Balle. "Il a joué un rôle émotionnel très fort dans ma vie".

Hubert, 77 ans, est dithyrambique au moment d’évoquer Toots Thielemans. "Il a permis à la Belgique de rayonner sur la carte du monde. On doit être fier d’avoir eu un tel musicien. On voit un personnage comme lui tous les mille ans !, explique-t-il. C’était un client assidu du restaurant François, sur la place Sainte-Catherine. Il y allait régulièrement avec sa femme et son petit chien".

Pour Vicky, 70 ans, Toots Thielemans est "un mythe qui disparaît". Ce Marollien estime qu’une statue devrait lui être dédiée. "Je verrais bien une stèle commémorative ou un musée à son effigie dans le quartier des Marolles. C’est quand même là qu’il a pris goût à la musique. C’était un vrai Bruxellois, comme nous, et il va laisser un vide immense !"