Musique Du haut de ses vingt-cinq ans de carrière, Oxmo Puccino observe les tendances, fraie avec les nouveaux venus et analyse le tout avec clairvoyance.

Flèche épistolaire. À bas les pistolets, vive l’épistolaire. J’aime la compagnie de ceux qui se tolèrent." Pas de sang, de flingues et encore moins de baston sous la plume d’Oxmo Puccino. Le rappeur a grandi dans un bloc de béton, le décor cru et violent d’une cité parisienne où la force et le crack priment souvent sur la raison. Mais il n’a cessé d’en éloigner ses écrits pour mieux prôner l’amour, la paix et l’amitié. Né à Ségou (Mali) en 1974, déplacé en France l’année suivante, Abdoulaye Diarra se raconte en textes depuis 1995. À l’époque, "le rap est le seul train qui passe", mais l’homme "a toujours aimé la musique", son langage, sa liberté.

Passé maître dans l’art de mettre des mots sur nos maux, il sort trois œuvres appréciées mais peu écoutées, et rencontre enfin son public en plongeant ses textes dans un univers jazz (Lipopette Bar, 2006). C’est la révélation, l’explosion : Oxmo Puccino est catalogué "rappeur lettré", parraine l’Unicef, tourne en trio acoustique puis en solo, et trace un sillon unique dans le monde étriqué de la musique urbaine. À 45 ans bien tassés, l’homme est une force tranquille, écoutée et respectée, aujourd’hui. Un sage qui collabore avec Damon Albarn, Matthieu Chedid ou le trompettiste Ibrahim Maalouf, prend le temps de rendre hommage à son Mali natal (Lamomali, 2017) et revient en finesse avec une septième œuvre solo. Rencontre touchante avec ce grand costaud au cœur tendre.

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