La chanteuse franco-algérienne sort un nouvel album en béton. Entrevue

BRUXELLES Nâdiya est originaire de Tours, en France, mais connaît bien notre Bruxelles. Sa soeur a habité tout un temps la commune d' «Iterbèk» (Etterbeek, NdlR), prononcé à l' hexagonale. Une confidence formulée en préambule à l'interview accordée voici deux jours à la DH. Car Nâdiya n'est pas dans la capitale pour parler famille mais pour faire la promo de son second album, 16/9. Un CD qui suscite déjà un grand intérêt depuis que le premier single Parle-moi a fait trembler les classements de France, de Navarre et de Belgique. Désormais, c'est à cette belle Franco-Algérienne et maman de nous parler.

La chanson Parle-moi se réfère-t-elle à une histoire vraie?

«On pourrait voir les choses de cette manière, compte tenu de l'interprétation que je donne à la chanson. Mais si j'ai été amenée à l'interpréter, c'est parce que j'étais dans un combat de vie non pas similaire à celui que mène cette petite fille, mais dans mon combat de vie de femme. Les paroles de Parle-moi sont à prendre au sens large. Récemment, lors d'un concert, des femmes sont venues me dire qu'elles se retrouvaient dans le récit, qu'il ne fallait pas baisser les bras... Quant au thème de la violence qui frappe les enfants, c'était plus pour marquer le coup. Beaucoup d'enfants en souffrent et cette lutte me tenait à coeur en tant que maman. Dieu merci, j'ai vécu dans la générosité et dans l'amour, avec des parents très tolérants.»

Comment a été préparé ce deuxième album et pourquoi l'avoir appelé 16/9?

«J'ai surtout travaillé avec le recul, la persévérance et le surpassement de moi-même. Sans me dire que j'allais faire un album qui allait marcher. Ce disque, c'est avant tout moi, qui suis restée fidèle à moi-même tout en me remettant en question professionnellement, vocalement, personnellement... 16/9, c'est pour la référence à l'univers du cinéma. Les sons de l'album font également référence à des thèmes du grand écran. J'aime que mes sons soient visuels, je n'aime pas les choses figées. Les mélodies du cinéma vont de l'avant en permanence, tout comme mes chansons.»

Vous avez été championne de France du 800 mètres. Les plus grands défis, vous les avez rencontrés dans le sport ou dans la musique?

«En ce moment, j'ai un disque qui marche, je chante dans des salles de 6.500 personnes, 6.500 personnes qui chantent votre chanson de bout en bout... Le défi, il est là. Mais le plus gros challenge reste à venir. Ce sera lorsque je vais monter sur scène avec mon propre show, mes propres idées, des gens du cirque, des magiciens, un tapis volant... Quant au sport, c'était plus un palier dans ma vie qui m'a permis de me surpasser. L'école du sport est une école de la vie. Si je n'avais pas eu le sport, jamais je n'aurais pu percer dans la chanson, parce que je rêvais de chanter depuis toute petite. Je ne voulais pas continuer dans l'athlétisme parce que je suis allée au bout de mes intentions. J'avais envie de ce titre de championne, puis de passer à autre chose.»

Que pensez-vous de l'émergence en France de la raï'n'b, qui mêle tout simplement raï et r'n'b?

«La r'n'b française a trop souvent été le calque de la r'n'b américaine. Aujourd'hui, si t'arrives pas avec un nouveau concept, t'es un peu mis sur le côté. La raï'n'b, tel que lancée par les producteurs Kore&Scalp, est un style qui va donc cartonner. Personnellement, je ne suis pas très raï. Ma culture musicale est plus large, faite de variétés françaises, de r'n'b... Je ne suis pas sûre que ce concept me conviendrait.»

Nâdiya, 16/9 (Sony Music). En concert le 13 août à La Doudingue.

© La Dernière Heure 2004