Du haut de ses 73 ans, l’ex-membre des Beatles est non seulement passé entre les gouttes mais a surtout performé durant plus de 2 heures, hier soir, à Rock Werchter.

Si l’entame de la 30e édition du festival est passée de Rock Werchter les bains ce jeudi après-midi au Sunlight des tropiques (si, si) sur Ellie Goulding le soir en passant par Singing in the rain pour Jake Bugg, bienvenue en Belgique et sa météo aussi capricieuse qu’incertaine. De quoi rendre les plaines brabançonnes encore plus eau-dible pour la venue de la star du jour: Sir Paul McCartney. Attendu comme le Messie par 70 000 personnes qui ont bravé les sables marécageux, les campings boueux où on se déplace en... canot, les trombes d’eau et autres chaos routiers (certains ont mis plus de 6h pour arriver sur le site), l’ex-membre des Beatles débarque -à juste titre- sur A Hard Day’s Night peu avant 22h.

23 semi-remorques et son propre chef coq

Pour son premier passage à Rock Werchter, le (flegme) britannique ne s’est pas contenté de simplement faire le job. Si la légende vivante ne se produit cette année que deux fois en festival (le Pinkpop aux Pays-Bas il y a quelques semaines et hier à Rock Werchter), l’homme a non seulement déplacé les nuages mais aussi des montagnes de show-ses. A savoir 150 personnes qui l’accompagne et pas moins de 23 semi-remorques. De mémoire de festivalier, c’est la plus grosse production jamais eu sur un festival de musique belge. Sir Paul McCartney fait même venir son propre chef coq. Alors qu’il s’agit souvent d’une heure en moins en festival, cet artiste classe-ique a tenu pas moins de 2h15 entre nostalgie (époque de son ancien groupe Quarrymen, où « on enregistrait pour seulement 5 livres! », avec In Spite of All the Danger ou avec Wings et leur Band on the run ou Hi, Hi, Hi) et nouveautés (Save Us, New ou encore FourFiveSeconds en trio avec Rihanna et Kanye West).

To Beatles or not to Beatles?

Même si le septuagénaire est fortement soutenu par sa bande de musiciens (dont un batteur complètement déjanté) et choristes, la voix de Paul McCartney n’a pas pris une ride et se mélodies restent éternelles ( Can’t Buy My Love; Let Me Roll It; Ob-La-Di, Ob-La-Da). La faute à un répertoire des Beatles inépuisable et surtout imparable. Du triomphant Let it be à l’envolée acoustique de Blackbird en passant par le tendre harmonica de Love me Do et ses « nanas » que sont Lady Madonna ou Eleanor Rigby. Entre ses hommages à Jimi Hendrix, Scotty Moore (légendaire guitariste d’Elvis Presley), George Harrison (et son ukulélé) ou encore John Lennon (un Hey Jude, entonné par petits et grands, à en donner la chair de poule!), le Sir n’en oublie pas sa dame Nancy en lui dédiant un joli My Valentine au piano. « Vivre et laisser mourir » comme dirait James Bond pour un titre ( Live and Let Die) sur lequel il a sorti l’artillerie lourde côté pyrotechnie. « Un peu mou du genou dans son ensemble, nous glisse un festivalier pourtant ravi d’avoir vu Sir Paul McCartney baragouiner quelques phrases en flamand (« Ik ben blij hier om te zijn ») et hisser le drapeau tricolore. Rock Werchter n’a pas galvaudé son statut d’un des plus grands festivals d’Europe. On ne gagnera peut-être pas l’Euro 2016 mais ce festival restera toujours le numéro 1 pour moi! »