A 51 ans, la star sort un nouveau CD mais doit renoncer à tourner s'il ne veut pas devenir sourd

BRUXELLES Comme le précise le communiqué officiel, il ne s'agit pas d'un come back dans le sens traditionnel du terme mais, pour ses millions de fans, Testify, nouvelle collection de douze ballades pop formatées, constitue bel et bien le vrai retour de Phil Collins.

`Quand on me dit que ça fait six ans, en fait depuis mon album Dance into
the light, que je n'ai plus rien fait, j'ai du mal à comprendre´, explique Phil Collins en regrettant qu'aux yeux de ses admirateurs ou de la presse musicale, son travail sur les soundtracks de Tarzan ou de Big bang ne compte pas.

Testify, qui vient d'atterrir chez les disquaires, n'est pourtant pas le fruit d'une soudaine inspiration. `Certaines chansons remontent à 1994. Lorsque j'étais en tournée mondiale avec l'album Both sides, j'avais emmené un sequencer (un clavier sur lequel on peut aussi mémoriser différents sons). Lorsque je me retrouvais le soir dans ma chambre d'hôtel, j'enregistrais les bouts de mélodies qui me passaient par la tête. Après la B.O. de Tarzan, j'ai transferé toutes ces petites idées sur une nouvelle disquette et j'ai commencé à retravailler sur ces esquisses de morceaux. Ce sont ces idées mises en boîte en 94 qui se sont transformées en chansons sur ce nouveau CD Testimony, comme Wake up call ou It's not too late...´

Testify ne déroutera pas ceux qui suivent Phil Collins. On y retrouve le sens mélodique, la voix chaude, les synthés horribles, le jeu de batterie, bref toutes les recettes qui ont fait le succès solo de l'ancien membre de Genesis. Sur l'album s'abrite aussi une reprise de Can't stop loving you, popularisée jadis par Léo Sayer. `Voici quelques années, j'ai songé à enregistrer un disque de reprises de chansons d'amour. Je pensais interpéter des morceaux de Dusty Springfield, voire même des trucs de Madonna. Un jour, par accident, j'ai redécouvert Can't stop loving you de Leo Sayer. L'album de reprises ne s'est pas fait mais j'ai gardé Can't stop loving you pour Testimony. Et bien sûr, elle sortira en single.´

Partageant son temps entre sa demeure de Los Angeles (`Pour le soleil et Walt Disney et aussi parce que ma fille Lilly, âgée de 13 ans, y vit´) et la Suisse, Phil Collin reconnaît qu'il est heureux dans cette semi-retraite et qu'il peut consacrer tous ses hobbies à la musique, à sa femme Orianne et à ses quatre enfants. Il ne songe pas du reste à quitter sa petite famille pour partir en tournée.

`Je me sens très bien. Je vis avec les gens que j'aime le plus et je pense que ce bonheur se ressent dans mes chansons. J'aurais aimé me lancer dans une tournée mondiale mais je souffre de troubles de l'audition à une oreille. J'ai été voir plusieurs spécialistes mais il n'y a pas de remède. Cela n'a rien à voir avec mon âge ou avec le fait que je suis musicien. Dans la vie de tous les jours, cela ne me pose pas de problème sauf si je me retrouve dans un restaurant bondé. Les médecins m'ont toutefois déconseillé de partir en tournée car cela pourrait s'aggraver et me rendre complètement sourd d'une oreille et peut-être de la seconde. Je ne veux pas prendre ce risque.´

Phil Collins, Testify (Warner)

© La Dernière Heure 2002