Le duo sort son deuxième album où sa lounge classieuse s'enrichit d'envolées jazzy et de morceaux plus dansants

BRUXELLES Du changement dans la continuité...
Tel pourrait être le slogan qui accompagne la sortie de E-closer, deuxième album du duo hutois Pink Satellite, formé d'Oliver Désir et de Cédric De Bruyn. Du changement car cette paire magique a invité de vrais musiciens et donc de vrais instruments pour apporter chaleur et relief à ses compositions construites jusqu'à présent avec l'aide exclusive de savantes machines. Continuité dans la mesure où Pink Satellite a déjà trouvé un son et un ton qui permettent à l'auditeur de très vite identifier ses morceaux.

«On est d'autant plus fier de cette identité sonore qu'elle n'était pas recherchée», expliquent Olivier et Cédric. «Notre premier CD, Electrolidays in levitation: a thousand feet over the dancefloors, a été conçu entièrement à la maison sur nos machines. E-closer a été enregistré dans un studio professionnel avec l'aide de musiciens. Il y a une évolution très marquée sur plusieurs compositions, mais elles restent toutefois dans la lignée de ce que nous proposions sur Electrolidays.»

Pink Satellite est né en 1999 à Huy. En mars 2001, Olivier le bidouilleur de machines et Cédric le dj participent à la finale du Concours Circuit, manifestation récompensant les meilleures nouvelles formations issues de la Communauté française. Pink Satellite remporte un des prix et participe ensuite à quelques festivals d'été. Son premier album sort en décembre 2001.

«L'accueil nous a surpris. On ne venait de nulle part et nos ambitions étaient loin d'être démesurées. Quand on a lancé le projet, il n'était, par exemple, pas dans nos intentions de faire des concerts. Durant ces deux dernières années, on a adapté plusieurs formules sur scène, en fonction des lieux et du budget. Parfois, nous n'étions qu'à deux derrière nos machines. Pour d'autres concerts, on jouait avec des musiciens. Nous avons beaucoup appris grâce à ces prestations.»

Sans révolutionner la musique électronique, E-closer est une très bonne réussite. Cédric et Olivier voulaient un disque qui s'écoute du début à la fin. Le genre de CD qui raconte une histoire. Le genre d'histoire qui peut se lire au premier comme au second degré... En alternant des titres remuants (comme Jupiter's walkers, leur prochain single, Sopa fria et ses rythmes bossa, Human control) et des passages plus reposants (Fresh food, St Germain des Prés), le duo atteint son objectif.

«Nous avons travaillé les morceaux à deux avant d'arriver en studio. On a invité une bassiste, une guitariste, un claviériste, un flûtiste, un trompettiste... Ils ont écouté les bandes et on leur a laissé carte blanche. Nous avons ensuite sélectionné ce qui nous semblait le mieux convenir, un peu comme si on enrichissait les morceaux de samples. Sauf qu'ici, les samples avaient été joués rien que pour nous, en connaissance de cause.»

Le morceau St Germain des prés a une autre histoire. «Il s'agit d'un morceau de commande pour la compilation Saint-Germain des Prés. Ils voulaient qu'on ouvre leur CD en plantant en quelque sorte le décor. Le titre de notre composition n'a pas été difficile à trouver.»

Pink Satellite est conscient que la mode lounge l'a bien aidé voici deux ans pour son premier disque. Le mouvement commençant à s'essouffler, ou plutôt à se noyer à cause d'une production trop riche quantitativement mais pauvre en qualité, Pink Satellite sait qu'il devra mettre désormais les bouchées doubles pour enfoncer les portes.

Cela passera par des concerts mais aussi une ouverture à l'étranger. Histoire à suivre. Une belle histoire...

Pink Satellite, E-closer. Le 31 décembre à la Soundstation. Info sur www.pinksatellite.com

© La Dernière Heure 2003