Musique

Emma Daumas a retrouvé Le chemin de la maison

BRUXELLES Si d'elle vous n'aviez gardé pour tout souvenir que celui de la-blonde-qui-a-participé-à-la-deuxième-Starac', il est temps de revoir vos copies. Emma Daumas est de retour avec un troisième album qui lui ressemble... enfin. Plus posé, plus osé. Elle a retrouvé Le chemin de la maison . C'est tant mieux.

Ce n'est pas un album écrit en réaction à, sur le coup de la colère ?

"Non, du tout, bien au contraire. C'est un album que je trouve très positif, avec des sonorités beaucoup plus douces, qui laissent transparaître un côté plus apaisé chez moi. À la fin du deuxième album, j'avais l'impression d'avoir fait un peu le tour de tout ça, de mon côté rebelle. Je ne me trouvais plus en accord avec ces valeurs-là, j'avais besoin de passer à autre chose. J'ai commencé à bosser sur ce troisième album avec l'envie de retrouver une véritable identité sonore, au plus proche de ce que je suis. En laissant là les boulets que je traînais depuis longtemps. "

C'est la première fois depuis très longtemps que vous vous posiez ?

"C'est vrai. C'est le premier gros break que je me suis accordé depuis la Starac'. Je suis partie au Brésil, avec mes parents. J'ai fait un beau voyage. J'ai adopté un peu du pays, de sa culture, j'ai découvert d'autres façons de vivre et je me suis beaucoup apaisée. "

Vous aviez déjà de petites musiques qui vous trottaient en tête ?

"Oui, d'autant que j'avais déjà commencé à composer de petites mélodies et beaucoup d'idées me sont venues pendant ce break. J'ai également pas mal bossé quand j'étais déjà en studio. Mais tout ça s'est fait dans une énergie très positive et une ambiance très familiale puisqu'on a enregistré dans le studio d'un ami à moi. On avait le temps, tout s'est fait en douceur. "

Du coup, même votre voix semble différente aujourd'hui !

"J'ai redécouvert ma voix et une manière d'interpréter... Entre la Starac' et puis des albums pop-rock, j'étais toujours un peu en force. Ce sont de vieux réflexes qui ont du mal à partir mais là, encore une fois, j'avais envie de revenir au plus près de moi. "

D'où le titre de l'album, Le chemin de la maison ?

"Oui. J'ai l'impression d'avoir fait un long chemin, une grande boucle qui m'a ramenée à la maison. "

Comment s'est faite la rencontre avec Michael Furnon ?

"J'ai d'abord reçu J'suis conne comme une espèce de cadeau de la vie ! On avait déjà commencé à bosser sur l'album depuis quelques mois, mais je continuais à chercher des titres parce que j'aime beaucoup les collaborations. J'ai donc fait une démo sur la chanson, j'ai appelé Michaël, je la lui ai envoyée. Ça lui a plu, il m'a donné sa chanson ! Du coup, il a écouté d'autres choses et, à l'arrivée, il signe trois titres. Il m'a vachement soutenue, dans les périodes de doute. Il a été une bonne oreille. "

J'suis conne, c'est une manière de dire qu'il faut vous lâcher avec ce que vous êtes, physiquement ?

"Pas vraiment. J'aime le côté décalé, qui répond un peu à mon passé. Mais ma première interprétation, c'est que cette chanson véhicule un beau message. Ça dit qu'on a tous le droit à l'erreur, même dans une société où on ne veut voir et entendre que les meilleurs. Moi, je suis quelqu'un d'assez maladroit, je ne suis pas très sûre de moi... Dans ma génération et pour celle qui arrive, c'est difficile de se positionner dans la société qui est pleine de codes. C'est pour ça qu'il y a de plus en plus de jeunes qui, à l'instar de ce qu'on connaît aux États-Unis, deviennent des nerds."

Toutes les petites capsules qui ont entouré la sortie de J'suis conne sont très rigolotes. L'idée est de qui ?

"De moi. On me laisse quand même très libre. J'aime bien jouer avec l'image, ça n'avait pas d'autre prétention que de faire rigoler. "

Emma Daumas, Le chemin de la maison (Universal).



© La Dernière Heure 2008