En entendant la dernière campagne radio de La DH ou en la voyant sur le petit écran, vous vous êtes certainement dit "je connais cette mélodie". Normal, il s’agit de la Brabançonne. Oui mais une Brabançonne revisitée par Kid Noize.

Ce défi, c’est La DH qui lui a soumis, avec l’idée d’en faire un hymne des supporters à chanter pendant l’Euro, par exemple. Il nous livre les secrets derrière ce travail qui s’est avéré tout sauf facile. "J’avais déjà essayé de m’y attaquer il y a quelques années mais j’avais laissé tomber. Ça n’avait pas porté ses fruits et j’ai préféré ne pas le sortir. C’était à l’époque où on n’avait pas de gouvernement pendant un an. J’avais aussi un peu planché sur des paroles. Ici, je suis content du résultat."


C’est un défi de s’attaquer à la Brabançonne ?

"Ce n’est pas évident du tout. D’abord parce que c’est une sorte de musique militaire. J’ai retiré ce côté marche militaire pour ne garder que la mélodie principale. Je n’y ai presque pas touché pour que les gens puissent chanter dessus. Et j’ai samplé une boîte à musique avec laquelle j’ai rejoué l’air. Ça donne ce côté nostalgie du moment où on pouvait faire la fête. Et à la fin, ça explose en mode Kid Noize, comme il faut. C’est aussi compliqué du point de vue des paroles. Je n’ai pas utilisé cette partie-là parce qu’il y a du français, du néerlandais et de l’allemand."

Ça a pris du temps de revisiter la chose ?

"Ça ne se fait pas en 5 minutes. Il faut trouver la juste mesure. Tout ne donnait pas bien. Il ne fallait pas tomber dans le truc avec des gros synthés qui auraient rendu l’exercice un peu vulgaire. Le défi pour les spots radio et télé était de rassembler, en 19 secondes, un hymne avec un début, un milieu et une fin auxquels s’ajoute un remix à la Kid Noize. Ce format, c’était très difficile. Il y a aussi une version longue qui existe et qui pourra être utilisée dans les stades, à plus grande échelle. On ne passe pas une musique dans un stade comme on la passe dans un salon ou un ascenseur."

Revisiter un hymne national, ça se fait avec des pincettes ?

"L’idée n’était pas de créer la polémique. Je l’ai fait en connaissance de cause, en sachant où on voulait aller. Il y a des choses à respecter. Et puis, il faut que les gens puissent chanter, il ne s’agit pas d’une déstructuration artistique pour montrer le flou de la période dans laquelle on vit. Il y a donc un cahier des charges mais c’est hyper prenant. Parce que derrière, il y a ce challenge de faire chanter toute la Belgique. Pour être honnête, j’aimerais aller beaucoup plus loin avec cet hymne, dans le développement. Il y a la version courte et la version longue mais je pense qu’il y a quelque chose à faire au niveau des paroles. Je pense et j’espère que ce n’est que le début de l’aventure Brabançonne. On sait jusqu’où on peut aller parce qu’on a eu une vision globale de ce que ça pouvait devenir. Maintenant on a besoin d’aide pour aller plus loin. Ça prendra peut-être plusieurs années…"

Ça fait partie de vos rêves d’un jour écrire un hymne pour les Diables rouges ?

"À fond ! Ça ne s’est jamais fait mais on en a déjà parlé. C’est hyper valorisant d’être la musique qui porte les gens. Je le ressens quand je mixe. Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question de musique, il y a tout le concept derrière, avec la communication, le développement artistique, etc. Il y a beaucoup de choses à faire."