Pukkelpop 2001: dernières émotions estivales...

Musique

Luc Lorfèvre

Publié le

Le Pukkelpop a clôturé en toute beauté la saison des festivals rock. Plus de 120.000 jeunes présents en trois jours

Quelques clichés des premiers concerts
© Eric Guidicelli

KIEWIT Entre deux podiums en plein air et surtout en plein soleil et cinq chapiteaux transformés en sauna, le spectateur du Pukkelpop pourrait se la jouer Club Med, faire la sieste dans les rares coins d'ombre, mater les filles et bronzer en ne jetant qu'un oeil et une oreille distraits sur ce qui se passe sur scène. On assiste, du reste, à pareil comportement à l'Axion Beach de Zeebrugge ou au Dour Festival lorsqu'il fait beau... Rien de tout cela dans la plaine limbourgeoise. Si cette jeune assistance sait bien sûr ce que le mot farniente signifie, elle n'oublie jamais sa première motivation: la musique. Qu'ils soient renommés ou inconnus, qu'ils proposent des prestations captivantes ou des sets dénués de toute originalité, qu'ils jouent bien ou qu'ils proposent une bouillie sonore indigeste, tous les groupes, artistes ou dj's présents ce week-end à Kiewit ont eu l'opportunité et le plaisir de se produire devant un public attentif et réceptif. Prenez Uman par exemple. Le premier et attendu maxi de ce jeune Bruxellois ne sort qu'en septembre. Il avait la dure tâche d'ouvrir la scène hip-hop, vendredi à 13 h, soit au moment où le soleil était à son zénith et les kids encore un peu cassés par les excès de la soirée d'ouverture. Uman a pourtant mis le feu, fait danser, sourire, taper dans les mains, bouger et aussi réfléchir tout ce beau monde. Ancien membre de De Puta Madre et activiste consciencieux du collectif Bass Culture, Uman pratique un reggae/ragga qui s'adresse autant au corps qu'à l'esprit. Son flow est tantôt chaloupé, tantôt plus secoué. Sa prose, française et quelquefois anglaise, joue habilement avec les mots et les figures de style comme l'illustre avec humour et légèreté son single La chaîne alimentaire ou ses diatribes lancées au pouvoir politique. Uma sera présent aux Nuits Botanique et devrait s'imposer rapidement sur nos ondes. Nous y reviendrons... Avec Uman, Starflam était l'autre formation du sud à se produire en terre flamande et surtout à s'exprimer en français. Quand Phil Collins parle dans la langue de Molière lorsqu'il joue à Flanders Expo, il se fait huer par des bobos flamands quadras. Il faut croire que les jeunes spectateurs du Pukkelpop sont plus respectueux et surtout plus intelligents. Les Liégeois de Starflam ont une fois de plus imposé leur hip-hop remuant. On les a vus un peu partout cet été. Ils seront, eux aussi, encore de la fête aux Nuits Botanique. La tête d'affiche de cette scène hip-hop devait être Killah Priest, rappeur new-yorkais et pote du Wu Tang Clan. Il a dû se perdre sur la route car on ne l'a jamais vu sur scène. L'occasion faisant le larron, c'est au Marquee qu'on a glissé pour y découvrir la belle Nelly Furtado. Avec son mélange de soul, de country/folk et de pop, sans oublier ses sourires minaudeurs, cette Portugaise élevée au Canada, a mis tout le public dans sa poche. Sorti voici un an, son album Whoa, Nelly! continue à faire son petit bonhomme de chemin grâce à des compositions comme Hey man, I will make you cry ou le tube I'm like a bird. Plus tôt, dans ce même Marquee, les Rocket From The Crypt, from San Diego ont donné une grande leçon de rock and roll. Ces types ont la classe. Tout simplement. Les fringues (noires of course), l'attitude, les poussées de cuivres, les guitares tranchantes, les déhanchements secs du bassiste, la magie des enchaînements et le contact avec le public. Les Rocket ont tout bon. Ce sont les revenants de Sisters Of Mercy qui ont clôturé la programmation au Marquee. Surprise: on n'a jamais vu autant de monde vendredi pour un concert sous ce chapiteau, où il était tout simplement impossible de rentrer. Hormis l'incontournable Temple of love, le combo gothique de chez gothique a surtout joué de nouveaux morceaux, montrant ainsi qu'il souhaite plus qu'un statut de légende des années'80. Vu le jeune âge de l'assistance (certains faisaient encore arheu quand ils ont sorti Alice), force est de reconnaître que les Sisters ont encore leur place aujourd'hui dans le paysage musical.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info