Le duo des jumeaux verviétois apporte un vent de fraîcheur au trip-hop

BRUXELLES `Le point de départ de Betaversion? C'est sans aucun doute le décès de notre père, Paul Gillot. Il avait cinquante ans. Il était artiste de cabaret, mais il n'a pas eu le temps d'aller jusqu'au bout de ses rêves de chanteur. Quand il nous a quittés, on a senti comme une rage au ventre qui nous a sans doute permis d'arriver à ce résultat.´

Ce résultat, il repose là dans un boîtier, devant ses auteurs, Raphaël et Laurent Gillot, jumeaux originaires de Verviers. Sous leur nom de code Betaversion, ils viennent de sortir leur premier album, Modus operandi, voyage initiatique de 52 minutes où se mêlent sonorités électroniques, bidouillages trip-hop, influences jazz, instruments traditionnels et voix féminines.

`La base de Betaversion, c'est nous deux. Raphaël baignait dans les musiques jazz et électronique, alors que moi, j'étais un peu plus rock´, précise Laurent. `On a décidé de bosser ensemble voici trois ans. Comme nous sommes jumeaux, on s'est dit que nous n'allions pas nous disputer.´

Dans leur minuscule home studio verviétois, les Dupont Dupont concoctent une première démo. `Le son était pourri, mais nous l'avons envoyé à quelques personnes. C'était il y a deux ans. Nous n'étions encore nulle part. Alexandra Vassen, de Radio 21, a écouté la démo et a passé tout de suite le morceau Solitude dans son émission Sacrés Français. Dans la foulée, elle nous a proposé de participer à une soirée Sacrés Français aux Halles de Schaerbeek.´

Les choses s'enchaînent alors très vite. Le groupe est invité ensuite à se produire aux Francofolies de Spa. Plus important encore, il décroche une aide de la Communauté française pour réaliser son premier album ainsi qu'un clip.

`Aujourd'hui, nous avons toutes les cartes en main. Ce fut un dur labeur. On a tout sacrifié pour ce disque, mais nous n'avons aucun regret. L'album voit le jour et les réactions sont très positives.´

Betaversion se veut une formation à géométrie variable et propose un tout autre visage sur scène que sur disque. `On a enregistré Modus operandi en deux fois. Une première session a eu lieu en avril 2002. La seconde s'est déroulée en septembre dernier. Une fois que nous avions composé les morceaux à deux, on a pensé ensuite aux invités pour ajouter du chant, des choeurs, des cordes, des cuivres ou encore des scratches. Sur scène, nous essayons de proposer une relecture complètement différente de l'album. Les versions live sont plus groovy que sur le disque. Il n'est pas exclu qu'on réutilise des projections comme nous le faisions lors de nos premiers concerts. En fait, on se rend compte que notre musique est très cinématographique. Quand on écoute les morceaux de Modus operandi, il y a pas mal d'images qui surgissent dans la tête.´

Betaversion, Modus operandi (Distrisound). En concert le samedi 1er mars au Botanique dans le cadre de la Boutik'Rock (02/218.37.32).

© La Dernière Heure 2003