Si le chanteur québécois a une voix atypique, il n'a par contre aucune présence sur scène

BRUXELLES On peut s'appeler Garou, vendre des millions d'albums, avoir des milliers de fans, être entouré d'une équipe de professionnels et quand même proposer à son public un piètre spectacle. Samedi soir, dans la salle bruxelloise de Forest National, les fans du chanteur québécois ont eu droit à un concert assez décevant. Le chanteur est loin d'être une bête de scène, il manque de présence. Quelque part, ça pourrait se comprendre. L'artiste est habitué à chanter entouré de partenaires; que ce soit pour Notre-Dame de Paris ou pour Les enfoirés, il chante toujours avec d'autres. Là, tout seul, devant une salle pleine, on doit se sentir un peu... démuni.
Le visage et la voix du chanteur laissaient présager un spectacle plutôt sauvage, mais pourtant le concert était d'un ennui à toute épreuve et Garou semblait avoir du mal à dynamiser la soirée. Il a toutefois bien tenté de faire des efforts avec de petits échanges avec son audience, mais ils n'ont fait que renforcer l'opinion plutôt négative que l'on se faisait. Les phrases bateau, on les ramassait à la pelle; des trucs bidon du genre `le public belge est le plus chaud du monde... les jeunes femmes belges sont superbes, je vous aime, j'aimerais chanter avec vous, mais je ne pense pas que vous connaissiez mes chansons, il y a beaucoup d'amour dans cette salle et bla et bla et bla...´ Le ridicule frôlait le pathétique. Et pourtant, on lui accorde au beau Québécois un sourire ravageur. Et un petit air adorable quand il communique avec le public, mais on a du mal à comprendre pourquoi il nous balance des réflexions débiles comme celles-là. Contrairement à ce qu'il semble penser, on peut aimer la musique de Garou et avoir une cervelle.

Au niveau des chansons aussi, certaines zones d'ombre subsistent. Alors que l'artiste a bénéficié du savoir-faire d'une équipe de professionnels comme celle de Céline Dion, on ne comprend pas pourquoi la majeure partie de son spectacle était composé de tubes d'autres artistes. A la limite c'était sympa, on se serait cru à l'un des concerts de la tournée des enfoirés. Les enfoirés en moins. On a ainsi eu droit à des chansons de Cabrel, Goldman, Dassin, Aznavour, même Joe Cocker et son sensuel You can leave your hat on... le petit déhanchement sexy en prime (et ça, ça marche toujours. Une main à la ceinture, un petit coup de reins et l'assistance ne se tient plus!). Et puis un mix de certains tubes des années 70 et 80: Shout, Everybody need somebody...
Mais le seul problème, c'est qu'on n'était pas vraiment venu pour ça. Mais bon, on a quand même entendu quelques morceaux de l'album Seul. Sur un plan vocal, l'artiste reste fidèle à lui-même. A savoir très bon. Certes, il a une voix atypique qui plaît ou qui hérisse les poils, mais c'est sûr, dans son genre, il a du talent. Il est bon. Vraiment.
Une surprise très agréable, Veronica Antico: la jeune femme qui assurait la première partie. Ses chansons ne sont pas mal du tout, elle a une voix intéressante et elle a une certaine présence sur scène. C'est sûr, on entendra reparler d'elle.