Rodgers ne fait pas oublier Mercury, mais se débrouille fort bien

ANVERS Le Sportpaleis était comble, mardi soir, pour accueillir Queen, avec Paul Rodgers dans le rôle, ingrat, de successeur de Freddie Mercury. L'ancien leader de Free, de Bad Company ou de The Firm a assumé sa tâche avec humilité. Sa voix, belle quoiqu'un peu nasillarde, n'a pas le volume et l'ample tessiture de son prédécesseur, disparu en 1991, vaincu par le sida.

Paul, 59 ans, aura besoin de quelques morceaux, dont Fat Bottomed Girls et Another One Bites The Dust pour enfin se lâcher sur I Want It All , premier vrai grand moment d'un concert qui n'en manquera pas (Radio Ga Ga ou The Show Must Go On en parfaite symbiose avec le public).

Jamais cependant, mais ce n'est pas cela qui lui est demandé, il ne parviendra, comme y arrivait Mercury, à placer sa voix au-dessus des instruments lorsque ceux-ci se déchaînent. On est aussi loin des effets barnumesques des mégaconcerts des années 80, à moins que ce qui paraissait énorme alors ne soit devenu normal aujourd'hui (écran géant et light shows soignés). Ce relatif dépouillement permet à Brian May et Roger Taylor d'en revenir à l'essentiel, la musique, notamment tirée d'un dernier opus sorti ces derniers jours (The Cosmos Rock ) et des solos tendres - Love of My Life -, plus musclés - 39 - par Brian, ou à couper le souffle (Roger entamant son solo en tapant sur les cordes d'une contrebasse avant qu'on ne lui monte une batterie entière), exécutés à l'avant-scène. Un exercice solo de Brian permet un clin d'œil à Freddie, lequel reviendra interpréter les premiers traits, inimitables, de Bohemian Rhapsody . Paul Rodgers reste alors en retrait; on apprécie cette façon d'opérer, tout en respect, de la part de quelqu'un qui a travaillé avec une pointure comme Jimmy Page.

Brian May et Roger Taylor, en deuxième morceau de rappel, accompagneront leur invité sur le tube de Free, All Right Now , pour le remercier du travail effectué avec Queen. Et d'enchaîner par un final on ne peut plus classique avec We Will Rock You et We Are The Champions (en 1978, ce furent les faces B et A d'un même 45 T !), les saluts à un public heu-reux de ces retrouvailles se faisant sur God Save The Queen .



© La Dernière Heure 2008