Record d'affluence et ambiance torride aux Nuits Botanique qui ont reçu 17 groupes du terroir

BRUXELLES De mémoire de visiteur assidu, nous n'avons jamais vu autant de monde au Botanique. Officiellement, la Sacrée Nuit! de ce mercredi, consacrée exclusivement aux groupes belges, a attiré 2.900 spectateurs. Mais ils étaient sans doute plus nombreux... En proposant un ticket unique permettant l'accès à toutes les salles, les organisateurs des Nuits ont provoqué quelques embouteillages (difficile de faire entrer une mouche au concert de Girls) mais ils ont aussi fait découvrir à pas mal de spectateurs des trésors musicaux insoupçonnables.

Cela fait déjà plusieurs mois qu'on souligne le dynamisme de cette nouvelle scène issue de la Communauté française, avec, pour leaders, des artistes comme Jeronimo, Girls in Hawaii, Ghinzu ou encore Sharko, tous présents mercredi. Mais cette soirée a montré que la relève était déjà là. A la fois puissante, originale, agitée et d'une audace presque insolente.

Premier exemple avec Sold Out. Le CV de ce duo mixte bruxellois n'affichait que deux concerts au compteur avant les Nuits. Il a toutefois suffi de quelques minutes pour comprendre que la délicieuse chanteuse Charlotte et le bidouilleur David avaient déjà tous les atouts en main. Les compositions sont là. Les gimmicks aussi. Il y a du style et déjà de la personnalité. Reste encore à travailler le visuel et l'enchaînement plus incisif de leurs morceaux pour que leurs prestations soient les plus courues d'ici à quelques mois. Le genre musical de Sold Out? Une sorte de Daft Punk en version plus sexy et moins robotique. Le très expressif I don't want to have sex with you tourne déjà en radio et l'album est prévu pour le mois prochain.

Tout comme Sold Out, Superlux s'est produit au Musée devant une audience médusée par tant d'efficacité. Ici aussi, les regards se fixent sur la chanteuse Elena qui réagit par de petites danses frénétiques à chaque pulsation de ces mélodies électro/pop extraites de Winchester fanfare, premier album tout jeune, tout frais, de Superlux. A six sur scène, cette formation fait déjà preuve d'une belle assurance et d'une force de frappe qui fait des dégâts sur le dancefloor, à l'instar des déjà irrésistibles Miss Moon, Alison Kirk, Ne m'oubliez pas Mermaid.

Déjà chroniqué dans ces pages à l'occasion de la soirée Bang à l'Ancienne Belgique, Ghinzu a sans aucun doute offert la performance qualitativement la plus impressionnante de la soirée avec un Blow féerique en intro, un rouleau compresseur par la suite et, du début à la fin, un charismatique John Stargasm. Girls in Hawaii n'a pas failli à sa réputation, en assurant notamment un final en apothéose avec Organeum, Found in the ground et Flavor. Agent 5.1, auteur d'un excellent second opus, The wonderful world of kissing, aurait mérité de jouer devant plus de monde et dans une plage horaire moins concurrentielle. Cloé du Trèfle, pour sa part, devrait arrêter de jouer à la jeune fille romantique mal à l'aise pour se lâcher et mettre ainsi davantage en valeur ses chansons aux doux parfums. Un problème qui n'arrivera jamais à Starving, formation déjà bien huilée, qui peut compter sur une chanteuse extravagante et dont la voix est de plus en plus maîtrisée.

© La Dernière Heure 2004