Le groupe d'Oxford a montré dimanche à Forest qu'il voguait toujours loin, très loin de la concurrence

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BRUXELLES Devant 70.000 spectateurs, Radiohead avait déjà irradié de sa présence le dernier festival de Werchter. C'était le 26 juin dernier. On pensait alors avoir fait le tour du nouvel album Hail to the thief. On croyait que la formation d'Oxford avait tout misé sur ces prestations estivales en sélectionnant minutieusement ses (rares) apparitions scéniques. On avait tort.

Dimanche, dans l'enceinte de Forest National archicomble, Radiohead a donné le concert parfait. Sans le moindre temps mort, si ce n'est pour changer de guitare ou installer un piano. Sans le moindre dérapage sur des pistes trop fréquentées ou des pentes expérimentales plus vertigineuses. Sans la moindre faute de goût non plus...



Comme chez Bowie la semaine dernière, tout est question d'équilibre. Si, sur cette tournée, Radiohead privilégie de manière fort légitime Hail to the thief (8 morceaux dimanche), il extrait avec un sens raffiné de la nuance des perles de The Bends, d' OK Computer qui est son disque le plus fédérateur, mais aussi des plus torturés Kid A et Amnesiac. Le tout, en alternant passages à la simplicité organique et d'autres où c'est l'électronique qui vient provoquer les grands frissons.

Sur scène, le quintet fait preuve d'une rare cohésion et d'une précision suisse. Cela peut paraître normal sur une ballade dépouillée comme Karma police ou sur l'excellent Street spirit (fade out). Cela s'apparente davantage à l'exercice de haute voltige sur les morceaux les plus audacieux de leur répertoire (The gloaming, Idiotheque, Kid A). Il fallait ainsi voir Jonny Greenwood se concentrer sur ses cordes de guitare pour, quelques secondes plus tard, bidouiller ses drôles d'appareils. Il fallait suivre le charismatique Thom Yorke dans ses pérégrinations, concentré sur son chant en début d'interprétation (cf. Paranoid android) avant de s'envoler dans une danse frénétique, comme s'il était pris d'une soudaine folie.

On saluera enfin la qualité du son, élément essentiel à la réussite d'un concert, et l'efficacité du light-show. Un concert parfait qu'on vous dit...

© La Dernière Heure 2003