L'Ukraine et la Grèce, favorites de l'Eurovision, au même titre que la Suède et la Belgique

ISTANBUL «Cela fait quarante ans que la Turquie rêvait de cette semaine. Alors, vous pensez, l'Eurovision chez nous, c'est une fête nationale!» Déjà dans l'avion, un voisin m'avait raconté l'engouement de tout un peuple pour cette manifestation. Habituellement, les journalistes qui couvrent l'Eurovision s'adressent aux chauffeurs de taxi pour prendre le pouls de la cité. Mais à Istanbul, ville touristique et passionnante s'il en est, aucun d'entre-eux ne parle l'anglais ou le français. Ce qui ne les empêche pas d'être accueillants, bavards et de vous entretenir longuement. Mais en turc!

Ici, les choses ont été faites en grand. Dimanche, déjà, un feu d'artifice a couronné une cérémonie d'ouverture présidée par le ministre de la Culture en personne. Les Turcs ont voulu associer le public à la fête. Ils avaient décidé que les deux soirées d'Eurovision (il faut compter la demi-finale qui a eu lieu mercredi) se dérouleraient dans un stade. Le premier stade choisi fut jugé trop petit. On déménagea vers l'Arêne Abdi Ipekçi, conçue initialement pour le basket-ball. Après les transformations d'usage et l'espace libéré pour la captation télé, il reste 7000 fauteuils pour les spectateurs. 36 pays ont envoyé une délégation à Istanbul. 12 ont déjà été éliminés mercredi. Il en restera donc 24 à concourir ce soir. Mais - et ce sera une première à l'Eurovision - tous les pays participeront au vote final.

Trente-six jurys!

Sur le papier, on pourrait craindre que la séance des points se révèle interminable et insupportable. «Que nenni!» ont promis, en langue turque, les organisateurs. Car la plus haute technologie va s'en mêler. D'abord, une compagnie téléphonique allemande va regrouper, au fur et à mesure, tous les appels téléphoniques d'Europe et les répartir pays par pays. Ainsi, la certitude de ne pas voir ces votes trafiqués ou recomposés selon les événements sera absolue.

La procédure de remise des points sera accélérée et l'émission ne devrait pas être plus longue que les autres années. On le sait, on l'a beaucoup dit, la Belgique se présente avec une cote de grande favorite. Malheureusement pour nous, nous ne sommes pas les seuls, loin s'en faut. La particularité de cette année, c'est que beaucoup peuvent prétendre à la victoire et que le pronostic d'un classement très serré est réaliste. Et lorsqu'on évoque les trois plus grands favoris de l'édition 2005, on a affaire à trois... sex symbol. Il y a d'abord Ruslana, qui est Ukrainienne, brune et qui, pour sa performance, s'est choisi un look à la Raquel Welch dans Un million d'années ans avant J-.C. Petite tenue préhistorique, hyper sexy, avec quelques copines habillées pareil autour d'elle et des effets de feu en fond de décor.

Pour la Suède, Lena Philipsson a misé, comme notre Xandee, sur des rythmes pop-disco. Lena été désignée comme la fille la plus sexy de Suède. C'est tout dire.

Face à nos trois prêtresses du charme, puisqu'il faut compter Xandee parmi elles, la Grèce. Par son physique, mais aussi par ses choix musicaux très efficaces, Sakis Rouvas est une espèce de Ricky Martin méditerranéen. Et puis on parle aussi de l'Allemagne, de la Serbie-Montenegro, de Chypre et sa chanteuse à très grande voix, et, pourquoi pas?, de l'Angleterre voire de la Hollande ou de la Turquie. Nous voilà avec dix pays qui peuvent rêver du succès, ce soir, à Istanbul.

© La Dernière Heure 2004