Après leur retour mitigé cet été à Werchter, la formation américaine a "californicanisé" le Sportpaleis avec son The Getaway World Tour.

"Merci beaucoup!" balance, en français s’il vous plait (alors qu’on est à Anvers), Anthony Kiedis, le chanteur au look de Mario Bros tatoué (short et chaussettes y compris). A part quelques couacs de micro, le leader des Red Hot a ainsi déchainé les foules, à savoir près de 20 000 fans essentiellement trentenaires. "Ce sont des tueurs, crie une spectatrice. Même s’ils font plus vieux que leur âge!"

Peu importe les années, la bande de quinquas californiens -le groupe de rock a été créé en 1983 et comptabilise plus 60 millions d'albums vendus- a prouvé qu’il en avait encore sous le coude. 1h30 de concert intense, de leur entrée chantante sur Around The World (après une Jam Session de 5 minutes) au final sur leur explosif Give It Away en passant par les incontournables tubes Californication, Under The Bridge ou encore le tonitruant By The Way. De quoi mettre tous les fans de RHCP (pour les intimes) de la première -Aeroplane, Dani California, Scar Tissue- et dernière heure -Dark Neccesities, Goodbye Angels- en transe.

De tubes en tubes… lumineux

« J’en ai encore des frissons », glisse d’ailleurs Geoffrey, fan depuis toujours, à la sortie de ce concert qui aura mis plein d’étoiles dans les yeux des spectateurs. Et on ne dit pas cela uniquement pour leurs luminaires sous forme de tubes en led qui ondulaient comme des vagues au dessus de la fosse et au rythme des hits du groupe. Des tubes lumineux pour une machine à tubes? Une logique à plein tubes.

© DH

Entre un Anthony qui crache sur scène torse poil et danse en crabe avec son micro, un Chad qui bat la mesure comme personne et balance une kyrielle de ses baguettes dans la foule ou un Fléa qui n'a jamais aussi bien porté sur surnom tant il saute partout comme une puce ou marche sur les mains (il n'est pas le deuxième bassiste de tous les temps pour rien), Josh a aussi bluffé son assemblée. De ses solos déjantés à sa voix désenchantée en passant par ses riffs endiablés en intro et outro de chaque morceau avec l’allumé du bocal qu’est Fléa, le jeune guitariste de 36 ans ferait presque oublier son illustre prédécesseur qu’était John Frusciante. « J’ai tout de suite été considéré comme un membre du groupe à part entière, nous glissait-il, en juin dernier, au festival de Werchter. Même si j’ai essuyé beaucoup de critiques négatives au début, elles me font juste rire aujourd’hui. J’ai simplement envie de leur dire : ‘mais que voulez-vous que j’y fasse si John a quitté le groupe et que les Red hot m’ont choisi pour le remplacer ?’ »

La grande classe de la part de ce petit -déjà devenu grand en étant le plus jeune artiste à être sur le Rock and Roll Hall of Fame depuis 2012- nouveau. Seul petit bémol de cette soirée? Les aficionados regrettent l’absence de titres comme Otherside, Can’t Stop ou encore Snow (Hey Oh) mais les Red Hot ont cette manie de ne jamais faire la même setlist à chaque concert. Histoire de ne pas finir en (Go) Robot ou être tout simplement taxé de Red « Cold » Chili Peppers.