Sa liberté de chanter...

Musique

Propos recueillis par Luc Lorfèvre

Publié le

Sa liberté de chanter...
© Sablon
Pascal Obispo tire un trait sur sa carrière d'artiste de variétés

Retrouvez plus d'infos encore dans votre PDF

BRUXELLES Trois concerts complets à Forest, un quatrième programmé le 31 janvier prochain dans la même salle et sans doute un passage cet été en festival! Le tout sans le moindre nouvel album mais avec un concept fan qui est fort. Très fort... Rencontré quelques heures avant le premier de ces trois shows forestois, Pascal Obispo n'en revenait toujours pas.

«Vous pouvez trouver une explication à cet accueil? De mon côté, je n'en ai pas. Je me dis que les Belges me comprennent sans doute mieux que les Français. Ils ont toujours senti que ma musique était bercée par la culture anglo-saxonne et le rock en particulier. Mais de là à penser que j'allais remplir de cette manière Forest National, il y a une marge...»

Cette tournée Fan est sans aucun doute la plus audacieuse que vous ayez entreprise. Qu'est-ce qui a déclenché cette prise de risques?

«Le single Fan et cette tournée marquent ma vraie libération artistique et humaine. Pendant de trop longues années, j'ai été un artiste formaté. Je me laissais trop influencer par mon entourage et par ma maison de disques. Je faisais ce qu'on me conseillait de faire. Mais au fond de moi, il y avait du mal-être. C'est l'une des raisons pour laquelle j'étais toujours sur la défensive lorsque je devais rencontrer la presse. Après dix ans, j'ai réussi à faire mes preuves comme compositeur en écrivant pour d'autres. Le fait de pouvoir vivre de ma musique et d'être respecté pour ce travail me permet de me libérer comme artiste sur scène sans qu'on m'impose la moindre barrière.»

Commencer le concert par sept morceaux de Polnareff, c'est un fameux pied de nez à vos détracteurs?

«C'est en effet un grand fuck à ceux qui m'ont accusé de n'être qu'un sous-Polnareff. Mais c'est surtout un grand merci que j'adresse à tous ceux qui m'ont soutenu. Les critiques qui me descendaient à l'époque de Lucille n'avaient sans doute pas tout à fait tort, mais j'ai été blessé car les attaques étaient souvent vicieuses. En rendant hommage à Polnareff, je montre que cette filiation est assimilée et que je peux même en tirer quelque chose de positif. C'est marrant, car depuis le début de cette tournée où je mets des perruques et je chante Le bal des Lazes, personne ne trouve matière à m'attaquer.»

A quoi avez-vous pensé en regagnant les loges après le premier concert de cette tournée?

«Je me suis dit que j'avais bien fait d'oser. J'ai eu la trouille, c'est vrai. On ne sait pas comment le public va réagir lorsque vous lui balancez des chansons d'un autre et que vous vous habillez en travelo avec des porte-jarretelles. Ces deux dernières années, je n'ai écrit que pour les autres. J'en avais un peu marre. Je sentais que je vieillissais (il n'a pourtant que 38 ans) et que, dans mon répertoire existant, il n'y avait que quatre ou cinq chansons que je pouvais encore interpréter sur scène en restant crédible. Cette tournée est une manière de tirer un trait sur mon passé tout en me faisant plaisir. Pour moi, le moment le plus fort du concert, c'est au dernier rappel, lorsque je chante Fan déguisé en Freddie Mercury travelo. C'est le résumé parfait de ce que je suis. Il y a l'aspect fan, ma culture rock, le côté un peu provoc' mais aussi sensible de ma personnalité et le symbole de mon combat contre le sida.

Les projets?

«En mars 2004, je sors un double album. Le premier sera un live qui résume cette tournée. Le second abritera des inédits. Dans un an, j'enregistre un autre album avec un orchestre philharmonique. Il s'agira d'une sélection des chansons que j'ai écrites pour d'autres: Johnny, Patricia Kaas, Florent Pagny... Après? Je ferai peut-être un groupe de rock en enlevant le nom Obispo. Qui sait?»

© La Dernière Heure 2003

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info