Frank Michaël l'a prise en chantant. Sur son nouvel album...

BRUXELLES Les caresses d'une femme, C'est chaud comme l'amour, Regarde ... Ce sont trois titres du nouvel album de Frank Michaël - le premier depuis deux ans - et ces trois-là sont conventionnelles et sans surprise. Exactement ce que son public lui demande.

Mais ailleurs sur le disque, il y a des surprises. Une chanson rythmée qui sent les vacances (Fou de Corfou ), une adaptation d'un succès de Tom Jones (Green green grass of home ) sur un texte que Dalida avait déjà chanté en 1973 (Les grilles de ma maison ). Il y a aussi un très joli noël inédit (Tous les Noëls du monde ). Il y a une chanson que Frank Michaël interprète... en espagnol (Angelina Angeli ). Il y a une reprise d'un succès de Salvatore Adamo (Amoureux ). Et deux chansons non pas à texte, mais à thème. La première - première du CD, d'ailleurs -, Frank Michaël la dédie à son père (Cet homme-là c'était mon père ) et l'autre s'intitule La presse people . Une chanson pas méchante, plutôt drôle, mais que Frank explique comme une sorte de revanche : "Au départ, c'était une idée de mon parolier, Michel Jourdan, et je dois avouer que je n'étais pas tellement pour. Mais c'est vrai qu'il m'est arrivé, à moi aussi, d'avoir un problème avec ce type de presse. Un hebdomadaire parisien avait titré : "Frank Michaël poignardé en plein coeur !". Les gens téléphonaient au bureau pour savoir si j'avais survécu. En réalité, dans les pages intérieures, ce journal racontait que, dans mon adolescence, j'avais été fou amoureux d'une fille qui m'avait quitté. C'était ça, poignardé en plein coeur... A lors oui, j'ai accepté l'idée de Michel Jourdan. D'autant que je trouvais son texte très comique."

Et la chanson dédiée à votre père ?

"Elle a aussi été écrite par Michel Jourdan. Bien sûr, on en a beaucoup parlé. Mais il a tapé dans le mille, en racontant le parcours de cet homme qui a quitté son pays pour venir ici faire le mineur de fond. Mon père est mort le 23 mai 2000. Je n'arrivais pas à en parler. Il m'a fallu un certain temps. Maintenant, ça m'est plus facile."

Vous chantez aussi en espagnol...

"Parce que la chanson s'y prêtait. On a essayé de faire un texte en français sur cette mélodie. Ça ne sonnait pas comme en espagnol."

Vous auriez pu la faire en italien...

"J'ai déjà tellement chanté en italien. Et j'aime bien la langue espagnole. Zucchero aussi chante en espagnol. Moi, je l'avais déjà fait. Il y a très longtemps. En 1976, j'avais fait une adaptation en espagnol de mon tout premier disque, Je ne peux vivre sans toi."

Vous avez aussi repris une chanson de Salvatore Adamo.

"Ça, c'est toute une histoire. Je dois d'abord vous expliquer qu'il m'est arrivé, ces derniers mois, quelque chose de tout à fait inattendu : mes disques se sont mis à marcher du tonnerre en Allemagne ! Coup sur coup, deux artistes allemands ont adapté une de mes chansons, Toutes les femmes sont belles, et les gens de la télévision ont voulu inviter l'interprète de la version originale. J'ai pu constater que les émissions de variétés, en Allemagne, ce n'est pas n'importe quoi. On répète quatre ou cinq fois chaque chanson. Et puis l'esprit est très ouvert. Là-bas, des tas de chanteurs de plus de 60 ans ont la cote. Dans la foulée, mon album avec Toutes les femmes sont belles est sorti en Allemagne. Suivi de deux autres CD. Pour les fêtes de fin d'année, ils sortent un coffret de 64 chansons. Au total, j'aurai une centaine de chansons qui vont tourner en Allemagne. Et j'ai donc été invité à un supershow, à Hambourg, devant 16.000 personnes. Salvatore Adamo était aussi programmé. Il est venu dans ma loge pour me dire à quel point il était ravi de mon succès là-bas. C'est vraiment un homme gentil. Et je le crois très sincère. Je lui ai parlé de mon nouvel album et il m'a dit qu'il pensait à quelque chose pour moi. Dans le passé, Salvatore m'avait déjà écrit deux chansons, Petite fille de province et À notre amour. Là, il pensait plus à une reprise de Amoureux. Il disait qu'il me sentait très bien interprétant cette chanson."

Frank Michaël, Les couleurs de ma vie, Warner Music.



© La Dernière Heure 2006