"Sans ma femme, je serais mort !"

Musique

Propos recueillis par Frédéric Seront

Publié le

"Sans ma femme, je serais mort !"
© BAUWERAERTS

Plastic Bertrand revient dans sa biographie sur ses années sex, drug & rock'n'roll , mais aussi sur ses périodes plus difficiles


BRUXELLES 20 millions de disques vendus, une carrière de 30 ans, des tubes qui ont fait le tour du monde... Qui aurait pu prédire en 1977 que, trois décennies plus tard, Plastic Bertrand sautillerait encore en chantant Ça plane pour moi ? Mais, la carrière de Plastic ne s'est pas limitée à la chanson. Animateur télé, propriétaire d'une galerie d'art, héros de romans-photos en Italie (!), il a tout fait. Ce parcours hors norme, il le retrace dans sa biographie, Ça plane (Ed. du Rocher) , écrite avec Olivier Monssens, où il parle de tout, de ses succès comme de ses déboires (dépression, contrôle fiscal), avec une sincérité touchante.

Dans le livre, Gilles Verlant vous décrit comme un punk gentil. Cette définition vous correspond ?

"Non, pas du tout (rires). C'est l'image que les gens ont eue de moi. Quand j'étais dans mon groupe à mes débuts, là j'étais punk. Mais une fois que j'ai fait Ça plane pour moi, c'était plus une parodie. La philosophie No Future, ça ne colle pas avec les maisons de disque. Par contre, gentil, ça, je pense que ça me convient."

Vous affirmez que vous n'avez pas fait de carrière...

"Effectivement. Si quelqu'un veut rater sa carrière, il doit prendre conseil auprès de moi (rires). On ne peut pas parler de carrière, car je ne suis pas carriériste. Sinon, je n'aurais pas fait l'Eurovision ou L'Académie des neuf. J'ai juste essayé d'être le plus proche de mes rêves de gosse, d'aller jusqu'au bout lorsque j'avais une envie."

Vous n'en avez jamais eu marre de chanter Ça plane pour moi ?

"Je pense qu'il y a eu 3 phases. D'abord les 10 premières années, où je suis dans le tourbillon, puis les 10 années suivantes où j'ai payé l'addition et maintenant, depuis la fin des années 90, où je me suis réconcilié avec ce succès. Aujourd'hui, je le vis très bien."

Vous avez maigri de 30 kg...

"Oui, j'ai suivi un régime avec un coach. Là, je me sens en forme. Et j'ai arrêté de fumer il y a 6 ans, du jour au lendemain, sans patch !"

Le livre vous permet de régler vos comptes avec Lou Deprijck, le compositeur de Ça plane pour moi...

"Il m'a empoisonné la vie. Après 3 jours, je savais que je m'étais fait avoir. Aujourd'hui, la justice a bien déterminé que j'étais l'interprète légal de Ça plane pour moi."

Vous avez été exploité...

"C'est peu de le dire. Je voyageais en Concorde, mais à la maison il n'y avait pas un franc. Heureusement que ma femme travaillait pour payer le loyer."

En parlant de votre épouse, vous êtes avec elle depuis 40 ans !

"Quand une femme vous fait une telle confiance et fait autant pour vous, c'est merveilleux."

Sans elle, vous n'auriez pas tenu ?

"Je serais mort. Tout était bien organisé autour de moi pour que je pète les plombs. Ma femme m'a toujours donné du courage, notamment lorsqu'on a vécu pendant 10 ans avec les huissiers aux fesses. J'en ai bavé !"

Il y a eu aussi la drogue. Vous dites que dans les années 70, le saladier à cocaïne faisait partie du budget promo des maisons de disque !

"L'idée était que vous perdiez pied, que vous n'ayez plus aucun contrôle."

Ça a été dur d'en décrocher ?

"Oui car je voyageais beaucoup et dans chaque pays c'était organisé ainsi. On perd le sens des réalités."

Le monde du show-biz a changé par rapport à ces excès ?

"Oui, car il n'y a plus d'argent !"

Vous allez présenter la tournée des années disco... alors que Ça plane pour moi n'avait rien de disco !

"Mais c'est ça qui m'excite. Lors du show, on présente Ça plane comme le seul titre qui a résisté au disco !"



© La Dernière Heure 2008

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