Ambitieuses et glamoureuses, Nat, Nic, Mel et Shaznay sont de retour. Mais pas au confessionnal

BRUXELLES `Je vais mourir´ Avec la gueule de bois, Natalie Appleton (27 ans) n'est pas la nana pimpante qui pose avec ses copines Melanie et Shaznay et sa soeur Nicole sur la pochette du deuxième album d'All Saints, Saints & Sinners. Mais on ne peut lui en vouloir d'avoir guinché la veille de notre interview.

Comme la musique que le faux girls band distille depuis le tube Never Ever (98), la filiforme Britannique, avec son accent à la fois anglais, canadien et américain, se comporte en Lady. Intelligente, douce et sexy. Car ne l'oublions pas, si les chansons d'All Saints ont des allures de caresses, elles vont à rebrousse-poil et ne craignent pas de s'immerger dans la luxure et le sulfure. Saints & Sinners, où figurent bien sûr le single Black Coffee et l'évanescent Pure Shoes (thème du film The Beach), n'échappent pas à cette règle.

`Contrairement au précédent, ce disque ne s'est pas fait dans la précipitation. Il est beaucoup plus mûr, moins mode, Mel y a plus participé, on a davantage fait ce qu'on voulait mais notre son est encore assez rude et lourd. Avec des textes commercialement incorrects. Comme c'est Shaznay (la Black du groupe) qui les écrit et que Shaznay est très sexy, elle relate des histoires de sexe. J'en écris aussi mais je les cache. Je ne veux pas que mon père tombe dessus (rire)

Pudique, Nat? On dirait. Plus pudique en tout cas que sa frangine de Nic, dont les frasques avec Robbie Williams et DiCaprio, récemment, ont fait les affaires de la presse de la vieille Albion. `A la maison, Nic était véritablement le centre d'attraction. Elle chantait dans le salon pour toute la famille mais lorsqu'il s'agissait d'en sortir, elle était très timide. Moi, à 14, 15 ans, j'allais déjà me produire dans des clubs, je faisais des concours d'artistes amateurs mais chaque fois que je suppliais Nic de m'accompagner, elle refusait. Aujourd'hui, pourtant, on est comme cul et chemise. Mais je n'ai jamais fait de trio avec elle, comme une feuille de chou l'a publié! Quand j'y pense, ça me dégoûte!´

Actuellement, la mimi à casquette fréquente un homme. Mais s'empresse d'ajouter que cela ne va pas au-delà. `Je sors d'une relation plutôt sérieuse et n'ai pas l'intention de remettre ça. D'abord, parce que chaque fois que j'ai un fiancé, ma fille (Rachel est née il y a 8 ans des amours de Nat avec un Chippendale) s'y attache et que je n'ai pas envie de lui faire de la peine. D'un autre côté, je reconnais avoir besoin de me sentir rassurée. En permanence. C'est agréable de rentrer chez soi le soir et d'entendre au téléphone une voix qui vous dit: Salut bébé

En plus de passer pour des chipies sophistiquées, les quatre All Saints, plus pécheresses que saintes, on l'a compris, ont également la réputation de savoir où elles vont. Bref, de ne pas avoir troqué leurs cellules grises contre du silicone rose. `Faut-il encore rappeler qu'il y a quelque chose derrière l'image que nous renvoyons? Que le groupe ne repose pas sur la plastique de ses protagonistes (c'est en 95 que les soeurs Appleton ont rejoint Mel et Shaznay au sein d'All Saints, formé en 93) et que nous sommes conscientes du business où nous évoluons. En ce moment, je vous dis peut-être des choses stupides mais, je vous jure, je ne suis pas le genre à me laisser avoir.´

Reste maintenant à savoir si nos félines parviendront à avoir les Etats-Unis. Leur collaboration avec William Madonna Orbit sur Pure Shoes les y a aidées, tout comme leurs débuts cinématographiques dans le film de Dave Eurythmics Stewart, Honey, que les critiques britanniques ont rejeté en bloc. `Dans notre pays, les journalistes détestent les chanteuses qui veulent devenir actrices. Mais ce n'est pas le cas à Hollywood, où l'accueil de Honey fut plutôt positif.´ Puisqu'elle le dit!

All Saints, Saints & Sinners (Warner).