Musique SCH déplore l’affaire de l’hymne des Diables rouges que devait composer Damso. Il y voyait une belle avancée pour le rap.

Comment ne pas évoquer Damso quand on s’entretient avec un des cadors du rap français ? Mais à peine a-t-on commencé à évoquer l’affaire de l’hymne des Diables rouges pour le Mondial russe que SCH nous coupe. "Ça aurait été une belle avancée pour le rap, dit-il. Il y a encore une certaine élite qui pense que le rap, c’est une musique faite par des voyous et destinée aux voyous. C’est dommage parce qu’il y a aujourd’hui une pluralité dans le rap que l’on retrouve dans peu d’autres mouvements musicaux. Ça me fait penser au rock il y a une trentaine d’années, quand il faisait peur à nos grands-parents alors que nos parents l’aimaient beaucoup. Ceci étant, il est aussi bon que le rap ait ses détracteurs parce que ça fait de cette musique ce qu’elle est aujourd’hui, un mouvement qui ne laisse pas indifférent." "Il y a énormément de second degré dans les thèmes abordés dans le rap, ajoute SCH. Il faut aller plus loin que les écrits et se mettre dans la peau de ceux qui écrivent pour comprendre que ce qui paraît bête à première vue cache peut-être un phénomène de société. Il y a de l’engagement du côté des artistes à plume." À ses yeux, le rap a repris le flambeau contestataire qui a longtemps été l’apanage du rock, même si l’approche, tant sur le fond que sur la forme, est différente.