Notre soul woman nationale était de passage au Ronquières Festival, samedi.

Son tube Alone, issu de son deuxième album Reason, tourne sur les ondes pour le plus grand bonheur des oreilles averties. Selah Sue s’est produite sur la scène du Ronquières Festival samedi. Nous l’avons rencontrée à cette occasion pour parler de la Belgique et de ce qui l’inspire. La chanteuse porte également un message d’espoir pour tous ceux qui broient du noir. Un véritable rayon de soleil, à l’image de sa musique.

C’est la première fois que vous venez à Ronquières ? Vos impressions sur ce site particulier ?

"Je pense bien que c’est la première fois (rires) . Je tourne beaucoup depuis la sortie de mon premier album. J’ai beaucoup voyagé, parfois très loin. Alors, revenir jouer en Belgique, ça fait du bien. C’est un retour à la maison. Le site du plan incliné est très beau, j’espère pouvoir le visiter. Et je suis heureuse de jouer ici, car le public wallon est plus chaleureux. Mais attention, même s’il y a des différences entre le Nord et le Sud de la Belgique, je trouve que les conflits communautaires sont ridicules. Flamands, Wallons… Nous sommes avant tout des êtres humains. Et pour un petit pays comme le nôtre, nous n’avancerons que si nous misons sur ce qui nous rassemble. Vous avez développé un style très original où l’on ressent l’influence d’une grande variété de musiques. "

Où allez-vous chercher votre inspiration ?

"Avant tout dans les émotions que je ressens, auprès de ma famille, de mes amis, mais aussi des questions que je me pose sur le sens de la vie. Sur le plan musical, j’ai écouté beaucoup de soul et de reggae. J’ai été fort influencée par Erykah Badu et Lauryn Hill. Mais j’ai vraiment envie d’explorer un maximum de styles. C’est ce qui est beau avec la musique, il n’y a pas de frontières. Et avec ma voix, je peux essayer beaucoup de choses. Je suis en tournée pour la sortie de mon deuxième album, Reason . C’est super d’être sur scène en contact avec le public. Mais j’ai aussi hâte de rentrer chez moi et de m’asseoir avec ma guitare pour composer et essayer de nouvelles choses."

À propos des émotions qui vous inspirent, vous avez déjà évoqué publiquement la dépression. Ce qui est assez rare, surtout pour une artiste…

"Mais je pense justement qu’il ne faut pas garder ça pour soi quand on traverse une dépression. Car les gens autour de nous ne se rendent pas compte qu’on va mal et ne peuvent pas nous aider. Ca m’a fait avancer de pouvoir en parler et d’extérioriser ça, notamment à travers la musique. Et le fait que je sois une artiste connue et que j’en parle a aussi aidé pas mal de gens, je pense. J’ai eu énormément de retours de personnes qui se sentaient soulagées de voir qu’on pouvait parler ouvertement de la dépression. Si ça peut aider de cette manière, c’est déjà bien."