Shy'm sort, à bientôt 23 ans, son 2e album. Mais garde la tête bien sur les épaules

BRUXELLES Pas facile, dans ce nouvel univers de la chanson R'n'B/Hip-hop, version française, de se faire une place. Ce n'est pas la jeune et jolie Shy'm (de son vrai prénom Tamara) qui nous contredira : "Quand j'ai débuté, il y avait beaucoup plus d'artistes masculins dans le genre. Après, ça va tellement vite. On repart, pendant qu'on travaille le 2 e album, d'autres reviennent. On vous oublie. C'est un va-et-vient constant. C'est difficile d'exister à travers tout ça. Il faut savoir se démarquer, trouver son identité et sa différence. Être vrai et toujours se renouveler. Je pense que c'est la clé. Ce n'est pas faire concurrence aux autres."

La formule gagnante, la belle de 23 ans semble l'avoir bien assimilée, après le succès de son premier album Mes Fantaisies : un joli brin de voix, quelques déhanchés sexy, beaucoup d'humilité et surtout, une collaboration - qui fait à nouveau ses preuves avec le single La première fois - qui porte ses fruits avec un certain K-Maro.

Vous avez à nouveau travaillé à trois pour cet album écrit par Cyril Kamar, alias K-Maro. Une équipe gagnante qui ne change pas ?

"C'était volontaire de travailler en équipe réduite, je trouve qu'on est plus efficace en travaillant de cette façon-là, comme sur le premier album. J'ai un auteur qui me connaît depuis trois ans maintenant et je ne me livrerais pas à n'importe qui. Ce sont des relations privilégiées qu'on partage."

Comment expliquez-vous le fait que K-Maro trouve aussi bien les mots pour vous ? On a, à la base, du mal à l'imaginer...

"Oui, c'est un garçon... et il ne chante pas vraiment des chansons romantiques ! C'est surprenant. On ne s'y attendait pas venant de lui. Je ne saurais pas l'expliquer. K-Maro a très bien cerné mon personnage, mon caractère, ma façon de dire les choses, mes envies aussi. Je n'ai pas eu besoin de lui parler de ma vie privée pour ça."

Vous avez souvent dit être timide (d'où son nom de scène, Shy'm, NdlR). Ces derniers temps, vous avez un peu vaincu cette timidité ?

"Ce que je vis depuis deux ans et demi m'a aidé à surmonter ma timidité, ou en tout cas la vivre différemment. Mais je crois que c'est un trait de caractère dont je ne me débarrasserai définitivement pas ! (rires) De mieux en mieux, j'arrive à prendre cette timidité comme un atout, plutôt que comme un désavantage."

Dans la chanson Ma peur, vous parlez clairement de votre trac avant de monter sur scène. C'est à ce point-là, une peur ?

"Pour ma part, ce n'est rien de le dire. Il faudrait se mettre dans ma peau avant de monter sur scène pour s'en rendre compte ! Il n'y a pas un mot dans la chanson qui soit exagéré par rapport à mes sentiments."

Vous vous impliquez beaucoup dans le côté visuel de l'album. Vous aimez le côté glamour de ce métier ?

"Ce sont des moments où on prend soin de vous. Où on vous aide à vous rendre plus belle. Mais il faut que ça reste des moments ponctuels, parce que ce n'est pas quelque chose dans lequel je me sente super à l'aise. Ce n'est pas ce que j'aime faire le plus dans ce métier. Mais c'est super-intéressant de le faire pour un album, en se disant : c'est la prochaine image que je vais montrer. Ça a son importance. C'est une autre démarche que de faire des photos pour le plaisir."

Vous avez toujours l'impression de vivre un rêve ?

"Oui, mais je le vis en ayant les pieds sur terre. Tout en restant lucide ! C'est incroyable de faire ce métier-là. Il y a beaucoup de gens qui aimeraient être dans ce milieu. Je sais que ça peut être éphémère et vite se casser la figure. Je vis cette aventure comme une privilégiée."

Shy'm, Reflets, Warner



© La Dernière Heure 2008