La Québécoise a livré un spectacle aussi drôle qu'émouvant devant un Cirque Royal conquis

BRUXELLES Des guitares, il y en avait partout lundi soir au Cirque Royal : deux énormes manches croisés en guise de décor, une dizaine suspendues au plafond, et c'est entourée seulement de deux guitaristes que Lynda Lemay a livré la plupart de ses morceaux. C'est en déclarant sa flamme à son instrument fétiche d'ailleurs qu'elle a débuté son concert (Ma signature). "Lors de mes précédents spectacles, je vous avais déjà invités chez moi, dans mon salon. Aujourd'hui, je vous invite dans ce que j'ai de plus intime : le creux de ma guitare."

Tout au long des 2 h 30 de concert, Lynda a alterné l'émotion et l'humour. C'est que la chanteuse a un véritable sens comique. Elle a ainsi fait rire le public en exposant sa hargne contre les... golfeurs. Une haine survenue alors qu'elle était sur le point d'accoucher : son médecin, absorbé par le green, n'a pas daigné se déplacer... Elle n'épargna pas les fous du 18 trous par la suite non plus. Ainsi, elle évoqua les cinq qualités qu'un homme doit avoir pour la séduire. "La bonté... la bonté, la bonté, la bonté et la fidélité ! Non, je rigole, j'aurais été célibataire toute ma vie ! Plus sérieusement, je demande de la bonté, du courage, de l'humour, du respect, de la virilité. Mais ce qu'un homme ne peut vraiment pas se permettre d'être avec moi..." C'est golfeur ! Et de se lancer dans une description de ceux qui se croient sportifs, "bronzés du cou au visage et du coude à la main".

Autre moment de plaisir : son interprétation du mime. Avant de débuter le morceau, elle expliqua : "À questions prévisibles, réponses prévisibles. Quand on vous demande comment ça va, vous dites bien, merci. Un enfant, quand tu lui demandes ce qu'il veut faire plus tard, il répondra : Médecin, comme mon papa... parce que j'aime le golf ! Et moi, quand on me demande ce que je dirais si mes enfants décident un jour d'être artistes, je réponds : "Le principal, c'est qu'ils soient heureux". Qu'est-ce qu'on peut dire comme bullshit quand même..." Et de commencer, au milieu des éclats de rire, la chanson Le mime, où elle crie le désespoir d'une mère qui espérait une belle carrière pour son fils, qui finalement décide d'être "expert en mimiques, digne emmerdeur public". Elle conclut ensuite, en grimaçant : "S'il y a des parents de mimes dans la salle, je tiens à leur dire que si mes filles décidaient de devenir mimes, je trouverais que c'est le plus beau métier du monde".

Lynda a également ému avec des titres tels Le traité de solitude, autre nom pour un contrat de divorce, Chaque fois que le train passe, qui parle de suicide, Le plus fort c'est mon père ou encore Une mère, dédiée à toutes les mamans de la salle, et La centenaire, dans laquelle elle attend la mort, assise dans son rocking-chair. Encore une fois, on ne peut que souligner le talent de l'artiste, parrainée par Aznavour, tant dans l'écriture (ça, c'est de la chanson à texte !) que dans l'interprétation.

D

é. L.



© ère Heure 2007