Duran Duran, groupe phare des années 80, était en concert ce mercredi soir à Bruxelles


"Nite Runner" et "Falling Down", live à Londres


BRUXELLES Non, les années 80 ne sont pas mortes. Duran Duran l'a prouvé mercredi soir sur la scène du Cirque royal de Bruxelles. Les fleurs du passé sont loin d'être fanées, même si ceux qui les sentent ont pris des rides. Dans la salle, de joyeux trentenaires encore sous le charme de Simon Le Bon et de ses acolytes. En cette soirée du 18 juin, ils revivent leurs premières boums.

Duran Duran, c'est une carrière qui a connu des hauts il y a deux décennies principalement. La formation est ensuite retombée dans l'oubli, mais sans jamais avoir véritablement raccroché les instruments. L'an dernier, ils ont même repris du service en s'associant avec rien moins que Timbaland (Nelly Furtado, Missy, Madonna...), Danja Hands (Britney Spears, Madonna) et Justin Timberlake. Résultat : Red Carpet Massacre, mélange de pop-rock-hip-hop-r'n'b aux accents vintage.

Avec Timbaland et Justin

The Valley, l'une des plages de cet album, ouvre d'ailleurs le bal. Le Cirque découvre ce morceau mais se lève malgré tout comme un seul homme pour accueillir comme il se doit Simon Le Bon, John Taylor, Nick Rhodes et Roger Taylor, les derniers survivants de l'épopée. Idoles en apparence cadavériques mais qui ne sentent pas encore le formol. Simon Le Bon a certes pris de l'embonpoint mais demeure attachant sous ses manières de dandy. Et sa voix s'accompagne toujours du même mystère que jadis.

Outre The Valley, Duran Duran propose Nite Runner, l'un de leurs récents singles frappés du sceau de Timbaland. Efficace en live , même si juste après arrivent Hungry like a wolf et Planet Earth - le tout premier succès datant de 1981 -, de véritables reliques appréciées pour leurs côtés synthétiques et le beat des boîtes à rythmes. Reste que l'ambiance n'est encore rien, comparée à celle qui accompagnera un peu plus tard Reflex, numéro 1 indémodable repris aux quatre coins de la salle, ou encore View to a kill (la BO du James Bond Dangereusement vôtre).

Mercredi, le dress code était le noir, la couleur des papys de la pop limite new wave. Dans les gradins, on en trouve quelques-uns qui ont respecté la règle. Mais beaucoup ont dépassé l'âge et préfèrent se contenter de reprendre en choeur les refrains. Comme sur Notorious ou le lancinant Ordinary world. Bien que nonchalant vis-à-vis de ses propres tubes, Simon Le Bon et ses cheveux peroxydés dégagent cependant une sacrée présence. Plus vif, il le sera uniquement lors de la présentation du band lançant des "What's my funkin name" faussement prétentieux.

On aurait pu le craindre, mais ce concert n'a pas été bâclé ou réduit à sa plus simple expression. Pendant deux bonnes heures, le quatuor et ses deux associés ont enchaîné, en live intégral, les hits et les nouveaux morceaux. Si les productions de Timbaland seront zappées par le public dans un futur proche, elles n'en demeuraient pas moins intéressantes. Certes, il sera difficile en 2008 de rivaliser avec Wild Boys, l'avant-dernière track du show. Et encore moins avec Rio en fermeture de rideau. Du très très bon.

Nite Runner, live au Lyceum Theatre à Londres




Falling Down, live au Lyceum Theatre à Londres





© La Dernière Heure 2008